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Au début du mois de janvier 1709, une vague de froid frappe l’Europe. La France est particulièrement touchée : du 6 au 22 janvier, les gelées atteignent des records. À Marseille, le 8 janvier, il fait -11,2 °C et le Vieux port est pris dans les glaces ; le 11 janvier, la température atteint -17,5 °C ! Les oliviers et les orangers du sud de la France gèlent, et dans le pays entier les arbres se fendent, les rivières se recouvrent de glace, la neige recouvre les champs, et les denrées deviennent chères. Le froid, la faim et les épidémies...

Au début du mois de janvier 1709, une vague de froid frappe l’Europe. La France est particulièrement touchée : du 6 au 22 janvier, les gelées atteignent des records. À Marseille, le 8 janvier, il fait -11,2 °C et le Vieux port est pris dans les glaces ; le 11 janvier, la température atteint -17,5 °C ! Les oliviers et les orangers du sud de la France gèlent, et dans le pays entier les arbres se fendent, les rivières se recouvrent de glace, la neige recouvre les champs, et les denrées deviennent chères. Le froid, la faim et les épidémies entraînent une importante surmortalité. Cet hiver exceptionnel est resté dans les mémoires et est décrit dans les registres paroissiaux de centaines de communes françaises.

Grand hiver de 1709

Grand hiver de 1709

27/01/1709 Albefeuille-Lagarde, Tarn-et-Garonne, France

Acte de baptême de Bertrand Turtau, évoquant la rigueur de l'hiver 1709 : "bertrand turtau fild d'estienne turtau d. Lamoune brassier et de toinette marti maries naquit le 6 ianvier et fût baptisé le vingt-sept du d. mois à cause de la neige et du grand froid qui fût si grand que le vin, l'eau de vie, l'huile de noix tout fût glacé, les vignes, les arbres, les chaines [chênes] noirs tout perit par le grand froid quil fit durant plus de trois semaines".

demande d'inhumation d'un homme péri dans la neige et trouvé par ses enfants

demande d'inhumation d'un homme péri dans la neige et trouvé par ses enfants

09/02/1709 Monts-en-Bessin, Calvados, France

Il y a eu Monsieur un de nos parroissiens nommé Laurent Bunel qui a péry dans les neiges Mardy dernier. Ses deux enfants l’ont trouvé le matin dans la campagne de Tessel et sans savoir les conséquences de cette affaire l’ont apporté dans une grange proche de notre église. Je vous les adresse Monsieur afin qu’ils ressentent les effets de la charité dont nous avons coutume d’en user en pareille occasion. Ce sont de pauvres gens à qui elle est mieux düe qua personne. Le mort a été visité par quantité d’honnêtes gens et entre autres de Mr de Tessel...

Il y a eu Monsieur un de nos parroissiens nommé Laurent Bunel qui a péry dans les neiges Mardy dernier. Ses deux enfants l’ont trouvé le matin dans la campagne de Tessel et sans savoir les conséquences de cette affaire l’ont apporté dans une grange proche de notre église. Je vous les adresse Monsieur afin qu’ils ressentent les effets de la charité dont nous avons coutume d’en user en pareille occasion. Ce sont de pauvres gens à qui elle est mieux düe qua personne. Le mort a été visité par quantité d’honnêtes gens et entre autres de Mr de Tessel et de Mr le vicaire du même lieu, il n’a pas lieu de douter que le froid a été la seule cause de la mort. Je n’en feray point l’inhumation que vous ne maies fait lhonneur de me donner de vos nouvelles. Je vous prie de m’accorder cette grâce et detre véritablement persuadé que je suis aussi bien de la sincérité et du respect.
Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.
J.B. de Lingal d’Harmanville, curé de Monts
Monts 9 février 1709

Bien persuadés que Laurent Busnel est mort de la marnière que vous me le dites, vous pouves monsieur l’inhumer.
10 février 1709

hiver 1709

Le premier jour de cette présente année le froid a commencé. Et il a fait un si furieux froid qui a continué pendant six semaines qui a gelé presque tous les blés et toutes les vignes et généralement tous les noyers et autres arbres, jusqu'aux chênes qui ont fendus par la moitié. Fait ce huitième mars mil sept cents neuf. Le froment a valu cinquante sols, le méteil quarante six sols, le seigle quarante quatre sols, la mouture quarante sols, l'orge trente cinq trente six sols et l'autre grain a proportion, les fèves vingt huit sols, le mil trente sols,...

Le premier jour de cette présente année le froid a commencé. Et il a fait un si furieux froid qui a continué pendant six semaines qui a gelé presque tous les blés et toutes les vignes et généralement tous les noyers et autres arbres, jusqu'aux chênes qui ont fendus par la moitié. Fait ce huitième mars mil sept cents neuf. Le froment a valu cinquante sols, le méteil quarante six sols, le seigle quarante quatre sols, la mouture quarante sols, l'orge trente cinq trente six sols et l'autre grain a proportion, les fèves vingt huit sols, le mil trente sols, le breton soixante cinq sols le boisseau.

Pierre Maillard

Gel des arbres durant l'hiver 1709

Gel des arbres durant l'hiver 1709

04/1709 Thenay, Indre, France

En la présente année mil sept cent neuf
l'hiver a commencé le 7eme janvier et a été
si rude qu'on a passé sur la glace de la rivière
à pied (...) depuis le 10 du dis mois jusqu'au
27 les vignes et tous les arbres gèlerons
(...) et qu'on fut obligé de les couper tous.

Note concernant l'achat de blé par le curé d'Hérin (59)

Note concernant l'achat de blé par le curé d'Hérin (59)

13/04/1709 Hérin, Nord, France

"Sur la rareté des blés et autres céréales en 1709 en raison du terrible hiver et le campement de l'armée à Denain pendant le siège de Tournay, et des difficultés à se nourrir".

Vie à la sortie de l'hiver 1709

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Vie à la sortie de l'hiver 1709

06/1709 Brézins, Isère, France

Le huitieme du courant même année la nommé Marie Dama
fille a Anthoine Dama de Bersin allant a St. Estienne sest noier dans le torrant
nommé le Rival, et a eté enterré dans le cimetiere de St Estienne
Nota que le dt torrant n'a jamais eté si debordé au lieu et meme
de tout les limitrophes tant anciens que modernes, et ce en suite
de l'hiver dernier si rigoureux dans son temps que les oiseaux voloient
en l'air et a peine les creatures reisonnables se pouvoient garantir
de la rigueur aupres des plus grands feux sans parler des autres endroits
ou lon a trouvé quantitée de gens mort...

Le huitieme du courant même année la nommé Marie Dama
fille a Anthoine Dama de Bersin allant a St. Estienne sest noier dans le torrant
nommé le Rival, et a eté enterré dans le cimetiere de St Estienne
Nota que le dt torrant n'a jamais eté si debordé au lieu et meme
de tout les limitrophes tant anciens que modernes, et ce en suite
de l'hiver dernier si rigoureux dans son temps que les oiseaux voloient
en l'air et a peine les creatures reisonnables se pouvoient garantir
de la rigueur aupres des plus grands feux sans parler des autres endroits
ou lon a trouvé quantitée de gens mort et surpris par le gel : et si
funeste dans la suite qui nous a causé la perte totale des grains
semé avant l'hiver, de telle sorte que lon a eté contrain de relabourer
les terres ensemencées pour les remplir du grain Fransait pour
eviter ainsi (et moienan l'aide de Dieu) la ruine entiere du genre
humain par une famine generale suivie immanquablement de la
peste que je ne crois pas neammoins pouvoir sevitter le seigneur
.../...
justement irrité, contre la (creature ?) ne daigne eccoutter
par la misericorde les fervantes prieres du petit nombre de ses elus
la marque d'une famine est si evidante que moy qui ay lhonneur
decrire ces lignes ay trouvé une femme si afamme, et en meme temps
si cruelle quelle tenoit son couteau ouvert pret a l enfoncer
dans le sein de son enfant pour le manger si son mary
a demy mort de faim ne s estoit elancé sur elle pour luy
empecher ce triste stratageme. quand a la peste (sous le memes
conditions que dessus) elle nous menasse fort et il y a aparence
les trois quarts des gens de cette parroisse ne vivant
actuellement que d'herbages presque de toutes sortes et telles que
les baittes auroient eu peine de manger, infailliblement je
conclus que cela ne manquera point d'engendrer un corruption
au corps humain qui luy causeront de maladies tres pernitieuses
Le grain est a un prix excessif, le froment vaut actuellement quatorzes
livres, le seigle onzes, le bled noir chose surprenante na de parallele
au seigle, l'orge neuf, l'avoine six, les feves ont valeu autemps
de leurs semaille neuf et dix, un sestain grain nommé pesette
comme le froment a semailles cest adire quatorzes et quinzes livres
ainsi de tous autres grains transail qui na eu aucun prix fixe
et par surcrois de malheurs les noiers, et chataigners sont perdu, la perte
desquels nous est plus concideralbe que celle du grain si non tout d'un
coup : mais a la suite

Il y avait dans cette paroisse seule, cent pauvres à qui on donnait l'aumône.

Il y avait dans cette paroisse seule, cent pauvres à qui on donnait l'aumône.

12/1709 Fontenailles, Seine-et-Marne, France

Le blé froment de l'année précédente s'est vendu cette présente année 1709 jusqu'à 67 livres les cinq pichets de Nangis, pour le blé nouveau qui fut fort rare et d'une mauvaise qualité, mais seulement propre à semer se vendait 80 livres et 100 livres. On recueillit de l'orge en abondance. Ca on en sema, mais il y eut bien des terres qui demeurèrent en friches par la rareté de l'orge dans le semis ou il faisait bon semer l'orge se vendait quarante livres. Après la récolte onze (livres ?) le bichet et continua sur le même pied (longtemps ?)
Il y...

Le blé froment de l'année précédente s'est vendu cette présente année 1709 jusqu'à 67 livres les cinq pichets de Nangis, pour le blé nouveau qui fut fort rare et d'une mauvaise qualité, mais seulement propre à semer se vendait 80 livres et 100 livres. On recueillit de l'orge en abondance. Ca on en sema, mais il y eut bien des terres qui demeurèrent en friches par la rareté de l'orge dans le semis ou il faisait bon semer l'orge se vendait quarante livres. Après la récolte onze (livres ?) le bichet et continua sur le même pied (longtemps ?)
Il y avait dans cette paroisse seule, cent pauvres à qui on donnait l'aumône.
Dieu envoya cette disette pour la punition des péchés des hommes, hac cognoseat generatio altera (?) ser mandata dei exquirant

l'hiver 1709 dans l'Aisne

l'hiver 1709 dans l'Aisne

12/1709 Taillefontaine, Aisne, France

La Postérité remarquera qu'en cette année 1709 le grand froid de l'hyver ayant commencé la veille des Roys a reigné l'espace de trois mois avec une telle violence, que de mémoire d'homme, on n'y a point témoigné de semblable en force que presque toute l'Europe, en a été vivement affligée, que tous les bleds ont été gelés, n'en ayant recueilli dans cette paroisse au lieu de douze ou quinze muids que trois pièces, deux pièces de bled froment, et l'autre de seigle, et n'a pas été plus heureux dans la récolte du vin,...

La Postérité remarquera qu'en cette année 1709 le grand froid de l'hyver ayant commencé la veille des Roys a reigné l'espace de trois mois avec une telle violence, que de mémoire d'homme, on n'y a point témoigné de semblable en force que presque toute l'Europe, en a été vivement affligée, que tous les bleds ont été gelés, n'en ayant recueilli dans cette paroisse au lieu de douze ou quinze muids que trois pièces, deux pièces de bled froment, et l'autre de seigle, et n'a pas été plus heureux dans la récolte du vin, puisqu'on n'en aurait pas recueilly pour faire une pinte de vin, la moitié des arbres fruitiers ont été perdus, tous les noyers sont morts et les hommes qui se sont trouvés engagés dans le voiage ont été trouvés morts, aussy tous les animaux de la terre gros et petits, et particulièrement les oyseaux sont tous pérys, le miel? à plusieurs portes ? ont été glacés et les hommes quoyque fournis de bled ont manqué de mourir ne pouvant avoir de farine tous les moulins ayant été glacés si fort que dans une telle calamité on a été obligé de trouver à l'orge, au sarazin, à la nesle?, à l'avoine et autres menus ? grains pour les semences les terres et ? grains sont venus à bon .. ? .., .. ? toute l'année avec bien de la peine toutes les menues gens ayant souffert d'une famine extrème dont la plupart sont morts ce qui a duré dix huit mois.

Audite hac omnes gentes anvibus diberpit aes qui habitati orbem. ps 48
aspredenite ditei pleinum requiem invicatus domine. ps 2

Que ceux qui liront cette hystoire l'apprennent aux autres et que tous le hommes apprennent à craindre le seigneur affin qu'ils evitent un tel chatiment.

Philippe LeBreton, curé de Taille fontaine

Nota : avant 1802, la fête des rois était le 6 janvier

Le grand froid de 1709

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Le grand froid de 1709

12/1709 Le Burgaud, Haute-Garonne, France

Témoignage du Grand Froid de 1709 par le nouveau prêtre vicaire de la cure du Burgaud en Haute Garonne, qui venait de succéder à l'ancien prêtre décédé après 43 ans de service.
Il relate l'arrivée de vents violents et glacés à partir du 6 janvier et de la neige qui s'accumule dans les chemins. Il décrit le vin qui se transformait en glace en sortant du tonneau, le pain qu'on devait couper à la hache ou à la scie, la respiration qui gelait autour de la bouche pendant la nuit, les arbres éclatés, les animaux et les oiseaux paralysés de froid,...

Témoignage du Grand Froid de 1709 par le nouveau prêtre vicaire de la cure du Burgaud en Haute Garonne, qui venait de succéder à l'ancien prêtre décédé après 43 ans de service.
Il relate l'arrivée de vents violents et glacés à partir du 6 janvier et de la neige qui s'accumule dans les chemins. Il décrit le vin qui se transformait en glace en sortant du tonneau, le pain qu'on devait couper à la hache ou à la scie, la respiration qui gelait autour de la bouche pendant la nuit, les arbres éclatés, les animaux et les oiseaux paralysés de froid, les conséquences sur les prix du blé et du vin en 1710....
Il conclut en disant: " Il y eut cela de remarquable que les pauvres ne moururent point, ny par le froid ny par la faim."

Témoignage sur l'hiver 1709

Témoignage sur l'hiver 1709

31/12/1709 Sablières, Ardèche, France

Cette année est remarquable par la vigueur de l'hiver qui à été si rude que la gelée à fait mourir les blés et la plus grande partie des arbres ce qui a causé une si grande cherté de grains qu'on a vendu les chataignes vingt livres la carre. quoique nous...en une récolte assez abondante ; cette grande cherté de grains qui a été suivie d'une disette extraordinaire nous fait voir une année 1710 une désolation universelle dans tout le royaume on voit partout le gens mourir de fain et les maladies accablent les peuples

Hiver 1709 ,chènes et noyer gelés

Hiver 1709 ,chènes et noyer gelés

Année 1710 Cuon, Maine-et-Loire, France

Le sixième jour de janvier de la présente année mil sept cent neuf a commencé le froid qui est monté a un degré de rigueur si excessive en moins de quinze jours, que depuis plusieurs siècles, on n'a point entendu parlé d'un pareil hiver, les arbres les plus durs, comme les chênes et les buis en quelques endroits, les arbres fruitiers et particulièrement les noyers en sont morts. Les vignes et les blés en ont été si endommagés que le vin de 708 s'est vendu l'année suivante , c'est à dire en 710 jusqu’à 200 lt la pipe. Le...

Le sixième jour de janvier de la présente année mil sept cent neuf a commencé le froid qui est monté a un degré de rigueur si excessive en moins de quinze jours, que depuis plusieurs siècles, on n'a point entendu parlé d'un pareil hiver, les arbres les plus durs, comme les chênes et les buis en quelques endroits, les arbres fruitiers et particulièrement les noyers en sont morts. Les vignes et les blés en ont été si endommagés que le vin de 708 s'est vendu l'année suivante , c'est à dire en 710 jusqu’à 200 lt la pipe. Le froment 55 et 60 S le boisseau mesure de Baugé. Le seigle 45 S et l'orge jusqu'à 40 et 42 S. Et dans les vignes que j'ai fait cultiver cette présente année qui contiennent vint quartiers tant de la Cure qu'autre je n'ai pas cueilli une somme de vendange.

J L Saymond Curé de Cuon

hiver 1709, crue de juin 1709 et gelée du 1er mai 1710

hiver 1709, crue de juin 1709 et gelée du 1er mai 1710

Année 1710 Jumelles (Longué-Jumelles), Maine-et-Loire, France

.....
Les maladies et la mortalité ravageaient les villes entières en Rouergue en Languedoc, à Montargis Gien, l'Anjou à toujours été exempt de cette gde misère et de cette mortalité.

Rigueur de l'hiver

Rigueur de l'hiver

Année 1710 Mayres, Ardèche, France

Récit du grand hiver à Feings, ses conséquences sur les récoltes, la montée de prix, les maladies

Récit du grand hiver à Feings, ses conséquences sur les récoltes, la montée de prix, les maladies

10/08/1710 Feings, Orne, France

Afin que ce papier ne soit inutile pour perpétuer ce qui â arrivé de plus considérable pendant le cour de l'année 1709.

Le lundy septième janvier commença une gelée qui fut ce soir la plus rude journée et la plus difficile à souffrir, elle dura jusqu'au trois ou quatre feuvrier, pendant ce temps là, il vint de la neige d'environ demi pied (*) de haut ; cette neige étoit fort fine, elle se fondoit difficilement quelques jours après qu'elle fut tombée. Il fit un ven fort froid, entre bise et galerne qui la ramassa dans les lieux bas. Il descouvri les bleds...

Afin que ce papier ne soit inutile pour perpétuer ce qui â arrivé de plus considérable pendant le cour de l'année 1709.

Le lundy septième janvier commença une gelée qui fut ce soir la plus rude journée et la plus difficile à souffrir, elle dura jusqu'au trois ou quatre feuvrier, pendant ce temps là, il vint de la neige d'environ demi pied (*) de haut ; cette neige étoit fort fine, elle se fondoit difficilement quelques jours après qu'elle fut tombée. Il fit un ven fort froid, entre bise et galerne qui la ramassa dans les lieux bas. Il descouvri les bleds qui gelèrent presque tous, les arbres gelèrent aussy, il ny eut point d'espèce d'arbre dont il n'y en eust beaucoup de geleez, les Chesnes même qui semblet être des plus durs furent geleez en grand nombre particulièrement ceux qui avoient été ébranchés depuis peu qui moururent presque tous par cantons ; beaucoup de pommiers parurent n'être pas morts, ils poussèrent des feüilles ou des fleurs et moururent ensuitre, d'autres portèrent des pommes et 1709 et sont mort cette présente année 1710. J'en ay vu ces jours passez dont toutes les branches etoient vertes, prestes a faire epanoüir leurs bourgeons dont elles étoient très garnies, dont les pieds etoient morts à un pied haut de terre et despoüillez environ à cette hauteur de leur ecorce qui étoit seiche par le bas et verte par le haut et bien vive, Le marcque cocy (?) ce premier may 1710, je ne say pas comment il feront par la suite. Si je ? Pouray faire mention cy après Je revis aubled que j'ay dit avoir gelez, peu de personnes connurent qu'ils étoient morts au premier desgel, quoy qu'ils le fussent aussy bien que les arbres. Je m'en apperceu des premiers. Je le dis à Mortagne mais comme le bled commençoit à enchérir, on me fit entendre qu'il n'en falloit rien dire de peur de le faire enchérir trop vite ; à la fin du mois de feuvrier, il se fit encore de grandes gelées à qui on attribue faussement pourant la perte des bleds, la terre eoit pour lors découverte car la neige se fondit dès la seconde semine de feuvrier. Je n'avois fait semer à mes frais qu'un arpent de terre qui dépend du trésor de mon église. J'y avois fait mettre du froment, je vis bien au premier desgel qu'il étoit poury et qu'il n'y en restoit guere, assy tôt qu'on y put herser, Je fis semer sur la terre, sans la labourer, environ un boisseau et demi d'orge, qu'on appelle dans mon pays du poitou de la baillerge, après que j'en eu fait semer environ dans les trois quart dudit arpent de teter, car il paroissoit que le bled n'étoit pas tout afait gasté dans le bas du champ qui etoit même trop mou pour herser, je fis herser ledit champ de long en de travers. Il faut remarquer qu'on ne put assez le herser. Il vint beaucoup d'eau en sorte que la terre passoit au travers des herses comme du mortier. Nonobstant qu'il fut trop tôt de bonne heure en ce mauvais temps, l'orge leva bien faut toujours beau et l'on recüeillis vingt cinq boisseaux combles ; cette même année 1709, on sema tant d'orge et on en ramassa tant, que de huit francs qu'on l'avoit vendu le boisseau, il est revenu à cinquante sols et un sou le boisseau à ce premier may 1710.

Depuis ledit jour premier may, le bled ? Dire tous les grains n'ont guère enchéry jusques vers la fin de juin et pendant le mois de juillet ils les ont vendus un iers et une moitié plus cher jusqu'à qu'on été vers la seonce semaine du mois d'aout que le seigle est revenu à vingt cinq sols le boisseau mesure de Mortagne et aussy des autres grains à proporion. Je reviens aux arbres fruitiers qui sont si infructeux cette présente années que je ne croy pas qu'on puisse faire de tous les fruits qu'on cueüillera dans cette paroisse une pipe de de cidre qui vaut maintenant cent francs la pipe. Les maladies commencèrent vers le mois d'aout 1709 et ont continué jusqu'à présent. Le registre suivant qui est pour l'année 1710 fait voir combien il y eu de morts ; mails il n'en est pas mort le dixième ce deux qui ont été malades, le pourpre (**), la petite vérole, la rougeole, la dissenterie, le fieuvre continue aux tranport au cerveau, se sont trouvés tous ensemble en même temps dans plusieurs maisons et il y en a qui n'ont pas été plûtôt été guéry de quelqu'une de ces maladies qu'ils ont été attaqués des autres dont ils sont morts ensuite.

Ce 10 aout 1710

(*) environ 15 cm
(**) : purpura

L'hiver 1709

L'hiver 1709

Année 1719 Saint-Jean-la-Bussière, Rhône, France

L'année cy devant mil sept cent neuf est une des plus fatale des années de plusieurs siecles ayant fait un hivers le plus rigoureux qui se puisse, plusieurs estant mort par
le froid au milieu des chemins et ailleurs.
Hivers si grand qu'il n'at poin laissé presque des grains hivernaux comme froment et soigle, n'ayant eut que trente bichet de tout la dixme de soigle et environs une mesure de froment et tout le disieme de la cure, ce qui causat une si grande chertance que le froment a valut jusques a dix sept livres le bichet et le soigle...

L'année cy devant mil sept cent neuf est une des plus fatale des années de plusieurs siecles ayant fait un hivers le plus rigoureux qui se puisse, plusieurs estant mort par
le froid au milieu des chemins et ailleurs.
Hivers si grand qu'il n'at poin laissé presque des grains hivernaux comme froment et soigle, n'ayant eut que trente bichet de tout la dixme de soigle et environs une mesure de froment et tout le disieme de la cure, ce qui causat une si grande chertance que le froment a valut jusques a dix sept livres le bichet et le soigle treize livres dix sols, l'orge quatorze livres le bichet, le bled noir quinze et seize livres le bichet.
L'avoine quatre livres dix sols. Le mal (?) a cause des erremens, un chacun cherchant (?) de semer quelques ? pour subtiliser n'ayant poin d'esperance a l'autre recolte.Les legumes ont valu a proportion. Il faut a dieu rep? ces calamités, une fieve maligne qui a regné l'esté et l'hiver meme ce qui a causé une mortalité tres grande ayant enterre sept vingt personnes dans le cour de l'année, plusieurs maisons sont demeurés vuidés, la mort ayant tout enterré petits et grands.

L'hiver 1709

L'hiver 1709

Année 1790 Frontenas, Rhône, France

Nota que la derniere année dans le contenu ded registres c 'est a dire en 1789 l hiver a ete si long et si rigoureux qu il à detruit en des paroisses la majeure partie des vignes et qu il à falu les arracher et dans la paroisse il ne s y est pas faite la dixhuitiemme partie du vi des recoltes ordinaires.