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Le Grand Hiver (1709) , 1709

Au début du mois de janvier 1709, une vague de froid frappe l’Europe. La France est particulièrement touchée : du 6 au 22 janvier, les gelées atteignent des records. À Marseille, le 8 janvier, il fait -11,2 °C et le Vieux port est pris dans les glaces ; le 11 janvier, la température atteint -17,5 °C ! Les oliviers et les orangers du sud de la France gèlent, et dans le pays entier les arbres se fendent, les rivières se recouvrent de glace, la neige recouvre les champs, et les denrées deviennent chères. Le froid, la faim et les épidémies...

Au début du mois de janvier 1709, une vague de froid frappe l’Europe. La France est particulièrement touchée : du 6 au 22 janvier, les gelées atteignent des records. À Marseille, le 8 janvier, il fait -11,2 °C et le Vieux port est pris dans les glaces ; le 11 janvier, la température atteint -17,5 °C ! Les oliviers et les orangers du sud de la France gèlent, et dans le pays entier les arbres se fendent, les rivières se recouvrent de glace, la neige recouvre les champs, et les denrées deviennent chères. Le froid, la faim et les épidémies entraînent une importante surmortalité. Cet hiver exceptionnel est resté dans les mémoires et est décrit dans les registres paroissiaux de centaines de communes françaises.

Le Grand Hiver

Le Grand Hiver

Année 1709 Lamothe-Landerron, Gironde, France

Récit par le curé du Grand Hiver à Lamothe-Landerron

Année aux cinq hyvers

Année aux cinq hyvers

Année 1709 Stainville, Meuse, France

Cette année on a eu cinq hyvers.
1- pendant les avants assez long.
2 - commença le jour des Roys, finit le 25 ou 26 janvier.
3 - environ de la sexagésime.
4 - commença le vendredi de careme , dura 15 jours de froid et après huit jours de temps doux ; il fit encore 8 ou 10 jours de froid avec neige, en sorte que les charrues ne firent presque point d’ouvrage avant le 25 mars qui tomba un lundy.
5 - on n’avait ouï parler d’un froid aussi grand que celuy qu’on souffrit au mois de...

Cette année on a eu cinq hyvers.
1- pendant les avants assez long.
2 - commença le jour des Roys, finit le 25 ou 26 janvier.
3 - environ de la sexagésime.
4 - commença le vendredi de careme , dura 15 jours de froid et après huit jours de temps doux ; il fit encore 8 ou 10 jours de froid avec neige, en sorte que les charrues ne firent presque point d’ouvrage avant le 25 mars qui tomba un lundy.
5 - on n’avait ouï parler d’un froid aussi grand que celuy qu’on souffrit au mois de janvier. Plusieurs personnes en moururent en campagnes, plusieurs pauvres gens aussi dans les villes et villages qui étaient mal chauffer, mal couverts. Beaucoup de volaille, presque tous les agneaux qui naissaient pendant ces froids, presque toutes les brebis de champagne, très grand nombre ailleurs, jeunes animaux quantité de bettes sauvages. Il reste fort peu d’oiseaux, quantité d’arbres dans les jardins notamment les pruniers excepté seulement les pommiers et cerisiers aigres. Les cerises furent conservées, presque point d’autres fruits. Les greffes de l’année précédente plusieurs prévues, on voiture le vin dans les sceaux. Tous les blés gelés et entièrement perdus, les vignes gelées l’ont encore été a déjà, on n’a point fait de vendange dans tout le pays, on avait semé du blé à la fin mars, mais il ne vint point à maturité. Dix huit mois auparavant, environ le 20 ou 25 juillet, il fit trois jours de chaleur si excessive que plusieurs personnes en campagne moururent, plusieurs betes grasses, chevaux de carosse.

Une des plus mauvaises années depuis plus de trois siècles...

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Une des plus mauvaises années depuis plus de trois siècles...

Année 1709 Le Girouard, Vendée, France

Cette année 1709 a été une des plus mauvaises
années qui aye passé depuis plus de trois siècles
ce qui paroit par les arbres qui ont péri par la
rigueur de l'hyver qui existoient depuis plus de
trois cent ans comme les ? les chataigners
les noyers, les chaines verts, les buys et autres.
la gelée n'a pas seulement attaquer les arbres les
plus forts et les plus vigoureux elle a encore
fait périr les blés et gater les vignes il n'y a
presque pas eu de metine dans ces pays icy, et
il ne c'est pas ceuilly un raisin dans les...

Cette année 1709 a été une des plus mauvaises
années qui aye passé depuis plus de trois siècles
ce qui paroit par les arbres qui ont péri par la
rigueur de l'hyver qui existoient depuis plus de
trois cent ans comme les ? les chataigners
les noyers, les chaines verts, les buys et autres.
la gelée n'a pas seulement attaquer les arbres les
plus forts et les plus vigoureux elle a encore
fait périr les blés et gater les vignes il n'y a
presque pas eu de metine dans ces pays icy, et
il ne c'est pas ceuilly un raisin dans les plaines,
le peu de blé qui a resté apres la gelée n'est venu
a maturité qu'a la fin du mois d'aoust, et il y en
a eu dans les champs au mois d'octobre et on n'a
pu le battre qu'au mois de novembre tant l'été a
été pluvieux, le prix du froment a été de
quatre cent livres le tonneau, le seigle de trois cent
livres lausine de quarante et cinquante écus.
mais ce qui passe l'imagination c'est que le blé
noir, méchant grain a valu comme le froment
une pistole le boisseau, le vin de nos plaines
s'est vendu deux cent livres le tonneau. jamais
la misère et la désolation n'a été si grande ?
les peuples, l'état des pauvres n'a jamais été si
déplorable, n'y ayant presque personne en état de
les assister par la rareté et du blé et de l'argent
.../...
le commerce étant ruiné depuis plus de
dix ans Joignez à tout cecy une guerre cruelle
qui ravage l'état depuis plus de vingt ans ,toute
l'Europe armée, et reünie contre la france.
Si jamais il arrivait rien de semblable dans la
suite, a ce qu'a Dieu ne plaise, il faudrait resemer
sur tout du seigle, de lausine, de l'orge et de la
baillarge aussitôt après les gelées, ceux qui ont
ressemer ont parfaitement bien reussy, il y en
a qui ont labourer tout de nouveau et ensemencer
les terres tout comme ils l'auraient fait a la St
michel et d'autres se sont contentez de gratter
les scillons, et de jeter du grain ou il en manquoit.
les uns et les autres en ont recueilly en abondance
mais peu de gens se sont soucier de resemer en ce
canton aussitôt après les gelées, ils ont cru se
dédomager par le mil, et le blé noir qu'ils ont
semer au mois de may ce qui n'a point reussy
en beaucoup d'endroits, ou du moins le tems a
été si mauvais lorsqu'il faloit receuillir
les ? de grains qu'on a été trompé dans
l'esperance qu'on avait d'en avoir une grande
quantité
Je prie Dieu que mes chers successeurs ne se
trouvent jamais dans une situation aussi triste
et facheuse que nous nous trouvons a présent
le 31 décembre 1709
? Curé de girouard

Hiver rigoureux

Priez Dieu pour celuy qui vous fait le recit de ce qui s'est passé cy après.

Le denombrement de touttes les personnes de la paroisse de St Aubin des chateaux fut fait par ordre du Roy Louis 14 en cette presente année Il se trouva 457 pauvres, 31 valets, 40 servants, 3 prestres, deux cent un garçons, cent quatre vingt deux filles, 226 femmes et deux cent huit hommes. en l'année 1709

L'hyver dans cette presente année 1709 fut épouvantable presque tous les bleds qui estoient en terre perirent.
Dans cette paroisse je n'eus de dixme de bled que soixante et six...

Priez Dieu pour celuy qui vous fait le recit de ce qui s'est passé cy après.

Le denombrement de touttes les personnes de la paroisse de St Aubin des chateaux fut fait par ordre du Roy Louis 14 en cette presente année Il se trouva 457 pauvres, 31 valets, 40 servants, 3 prestres, deux cent un garçons, cent quatre vingt deux filles, 226 femmes et deux cent huit hommes. en l'année 1709

L'hyver dans cette presente année 1709 fut épouvantable presque tous les bleds qui estoient en terre perirent.
Dans cette paroisse je n'eus de dixme de bled que soixante et six boisseaux mesure de chateaubriand.

Le bled y fut fort cher ; Dans le commencement 9bre. valoit qun escus, mais sur la fin 9bre. a valut dix livres le boisseau mesure de chateaubriand. L'avoine cent sols, le bled noir valut jusqu'a douzes francs ce qui ne dura pas mais il fut longtemps à sept livres jusqu'au nouveau. Les arbres perirent principalement les chataigners, les noyers par la trop grande rigueur de l'hyver. Les jaunays et les noyers perirent presque tous, jamais homme n'avoit ouy parler d'un pareil hyver.

Il commença le jour des Roys et dura jusqu'a la passion. Il fit du verglas qui fut la cause de la cherté des grains encque ceux qui estoient en terre furent tous perdus. La guerre fut sanglante et les armes de la france malheureuses. Dieu se servit de ces deux fleaux pour chatier son peuple. La guerre et la famine ? illisible les presentes relations. liront de vivre dans la crainte de Dieu affin que jamais pareille chose n'arrive.

Grand Hiver

Grand Hiver

Année 1709 Corbeilles, Loiret, France

"Cete année 1709 commença avec le plus cruel, le plus grand, et le plus désolant froid qu'on ait peut-être jamais senti en France dans scete paroisse il ne resta point de bled du tout, en sorte qu'il n'y eut pas un demi boisseau de bled de disme ; encore estoit ce de bled fait en mars. Les noyers qui couvroient tout ce pais et qui avoient la plupart plus de 200 ou 300 ans, gros comme des tonnes furent tous gelées et mis en cordes pour brûler. Il y en avait 301 dans les terres de la cure. Pour vivre...

"Cete année 1709 commença avec le plus cruel, le plus grand, et le plus désolant froid qu'on ait peut-être jamais senti en France dans scete paroisse il ne resta point de bled du tout, en sorte qu'il n'y eut pas un demi boisseau de bled de disme ; encore estoit ce de bled fait en mars. Les noyers qui couvroient tout ce pais et qui avoient la plupart plus de 200 ou 300 ans, gros comme des tonnes furent tous gelées et mis en cordes pour brûler. Il y en avait 301 dans les terres de la cure. Pour vivre on ressema de l’orge qui valut jusqu’à 15 livres la mine et 10 jusqu’après la moisson. Le blé valait jusqu’à 25 livres la mine. Il en fut même vendu jusqu’à 90 livres le sac en Beauce. L’avoine qui était, avec la vesce et les sœurs, la nourriture des pauvres, valut jusqu’à 5 livres la mine, mais la Providence eut pitié des habitants de la terre qui mouraient de faim, car les grains commencèrent au commencement de l'année 1710 à bien diminuer, de sorte qu’à Pâques suivant, le blé vint à 6 livres la mine, l’orge 1 écu 10 sols et l’avoine 40 sols la mine. Nonobstant cela, depuis la Toussaint 1709, la mortalité commença à Montargis et se répandit par tout le pays et le royaume. On en enterra jusqu’à 25 et 28 en un jour à Montargis. Elle attaqua cette paroisse au mois de mars 1710 et il mourut plus de soixante personnes depuis 20 ans et au-dessus et, y compris les pauvres, plus de 100, et elle dura jusqu’à la St Martin d’hiver ensuivant. Il mourut aussi cette année plus de 150 curés dans le diocèse de Sens. Les riches contractèrent la maladie des pauvres qui vinrent dans le Gâtinais chercher du pain, le regardant comme le meilleur et le plus abondant en orge, quoique cette paroisse n’ait recueilli que la moitié de ce qu’elle devait, les herbes et comme on dit les amazodes les ayant étouffés en partie à cause des pluies continuelles qui régnèrent dans tout le printemps jusqu’à la moisson. En un mot, en moins de 18 mois, par un coup du Très Haut, on vit le blé à 25 livres et a 3 livres la mine mesure de Corbeilles."

Autorisation de manger de la viande pendant le carème

Autorisation de manger de la viande pendant le carème

Année 1709 Haute-Rivoire, Rhône, France

En l'année mil sept cent neuf l'on mangea la viande dans le diocèse pendant le carème par une permission expresse a cause du grand froid qu'il avoit fait pendant l'hiver.

L'hiver 1709 à Tarare

L'hiver 1709 à Tarare

Année 1709 Tarare, Rhône, France

Cette année (1709) l'hyver fut si rigoureux que l'on vit ça et là des oideaux perir de froid. Cette calamité s'étendit jusques sur les hommes dans plusieurs lieux. Ce qui fit dire aux astronomes les plus habiles que le froid avait atteint de fort près le plus haut degré auquel il pu arriver. J'en pourrais dire autant de la misère ; puisque dans cette même année toutes les choses necessaires à la nourriture de l'homme, et l'argent qui sert a les acheter devinrent si rares qu'à peine est il premis de croire qu'il l'aient jamais été a ce point, et...

Cette année (1709) l'hyver fut si rigoureux que l'on vit ça et là des oideaux perir de froid. Cette calamité s'étendit jusques sur les hommes dans plusieurs lieux. Ce qui fit dire aux astronomes les plus habiles que le froid avait atteint de fort près le plus haut degré auquel il pu arriver. J'en pourrais dire autant de la misère ; puisque dans cette même année toutes les choses necessaires à la nourriture de l'homme, et l'argent qui sert a les acheter devinrent si rares qu'à peine est il premis de croire qu'il l'aient jamais été a ce point, et cela a cause des guerres qui depuis plusieurs années désolent de toutes parts la France et la réduiront à la dernière extrémité, s'il ne plait à Dieu d'y mettre fin.
Desplasses.

La cinquième partie du peuple et même davantage mourut de faim

La cinquième partie du peuple et même davantage mourut de faim

Année 1709 Colombier-en-Brionnais, Saône-et-Loire, France

Dans l'année 1709, le fort de l'hyvert se prit la veille des Roys, le 5 janvier, par une rigoureuse, et épouvantable bize, et par une cruelle gelée qui dura le reste du mois et davantage : le froid fut si rude et si terrible, que les noyers et les châtaigniers, les cerisiers et quantité d'autres arbres moururent ; mais le plus grand mal fut que les froments et les seigles gelèrent en terre et se perdirent entièrement, ce qui causa cette chère année et cette chèreté de grains qui n'a guère de semblables, Car la famine fut si grande que...

Dans l'année 1709, le fort de l'hyvert se prit la veille des Roys, le 5 janvier, par une rigoureuse, et épouvantable bize, et par une cruelle gelée qui dura le reste du mois et davantage : le froid fut si rude et si terrible, que les noyers et les châtaigniers, les cerisiers et quantité d'autres arbres moururent ; mais le plus grand mal fut que les froments et les seigles gelèrent en terre et se perdirent entièrement, ce qui causa cette chère année et cette chèreté de grains qui n'a guère de semblables, Car la famine fut si grande que l'on fut contraint de manger pendant longtemps du pain de fougère et de gland, et que la cinquième partie du peuple et même davantage mourut de faim, surtout les petits enfants. Enfin on ne peut se ressouvenir d'un si triste temps que l'on ne tremble et que les cheveux ne se hérissent, surtout quand l'on se remet devant les yeux comme la faim avoit défiguré le visage des pauvres et même quantité de personnes commodes et aisées qui par malheur ne se trouvèrent point de grain, ceux qui souffraient la faim étoient noirs, hideux et épouvantables et jettoient des cris qui faisoient compassion, même souvent ils retomboient morts, marchants par les chemins ; le froment vallu jusqu'à 10 livres le boisseau, le seigle 7 livres 10 sols et le vin se trouva si rare que le meilleur marché étoit de 100 livres la botte ; les meilleures maisons n'avoient que du cidre pour leur boisson et qu'il y eut des prêtres qui furent contraints de s'abstenir de dire la messe faute de vin. Dans la commune de Colombier, ou il n'y a guère que 200 communiants ou environ, on y fit depuis Pâques jusqu'à la Saint Martin 72 enterrements, les deux tiers d'enfants.

Observation sur l'année 1709 & 1710

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Observation sur l'année 1709 & 1710

Année 1709 - Année 1710 Chéroy, Yonne, France

Le 6e janvier jour des Rois 1709, la gelée commença d'une maniere si forte qu'en moins de 4 jours
devint si violente que jamais ho(mme) vivant n'en avoit senti de pareille : elle dura 17 jours, pendant
lesquels la disposition de l'air fut differente, tantôt clair, tantôt trouble : il tomba pendant plus(ieurs)
jours une neige si fine et en telle quantité qu'il y en avoit icy pres d'un pied d'epaisseur sur la te(rre)
Lorsque le tems etoit clair, il n'en etoit guere plus commode parce que le soleil sembloit ne
luire qu'avec peine et a travers un air epais et malin ; Tout cela...

Le 6e janvier jour des Rois 1709, la gelée commença d'une maniere si forte qu'en moins de 4 jours
devint si violente que jamais ho(mme) vivant n'en avoit senti de pareille : elle dura 17 jours, pendant
lesquels la disposition de l'air fut differente, tantôt clair, tantôt trouble : il tomba pendant plus(ieurs)
jours une neige si fine et en telle quantité qu'il y en avoit icy pres d'un pied d'epaisseur sur la te(rre)
Lorsque le tems etoit clair, il n'en etoit guere plus commode parce que le soleil sembloit ne
luire qu'avec peine et a travers un air epais et malin ; Tout cela rendoit les chemins
impraticables, les plus robustes etoient obliges soit a pied soit à cheval de s'en retourner sur leurs
pas dans leur maisons quelque pressées que fussent leurs affaires, la plupart avoient les pieds
et les mains gelées, de telle sorte qu'il y en a eu plusieurs qui on ont eté incommodes toute la
vie, il en etoit de même des batteurs de grains qui s'opiniatroient a travailler et qui vouloient
surmonter le froid par leur travail : Il mourut de froid beaucoup de personnes, et principalement
les petits enfans, en ayant enterré 22 dans cette paroisse pendant le mois de janvier :
Ce froid tout extraordinaire qu'il etoit le paraissoit encore davantage a cause de l'hyver precedent
de 1708, qui avoit eté tres doux, on pourroit dire même trop puisqu'on vit les vignes
pousser et montrer leur fruit dans quelques endroits, pour icy je ny ay vû que des bourres de
vignes tres grosses et des arbres fleuris, co(mme) ailleurs. Dans le mois de janvier 1708 aussi c'e(tte)
année n'avoit elle pas eté abondante nt ayant eu que moitié de grain des autres années
et presque point de vin, c'est a dire une feillette a l'arpent tout au plus, ce qui fit que le
grain etoit un peu plus cher et lors de la gelée de 1709 le froment valoit 40 S. le
métail 36 a 38 S., lauvine 12 S. la velle 14 S, et ainsi des autres grains mesure de
Cheroy c'est a dire pesante 40 livres la mesure de froment. Le vin etoit alors fort
commun parce les vendanges de 1706 et 1707 avoient eté tres abondantes, il semblait
embarasser ceux qui l'avoient, et quoy que l'année 1708 n'en eut presque point donné il
ne laissoit pas d'etre commun, il valloit douze a 13 # la feillette même pendant la
gelée, et on le trouvoit bien encheri parce qu'il ne valloit les années precedentes que (illisible)
la feillette, ou 10 a 12 # le muid.
On etoit dans une grande consternation partout pendant cette dure gelée, toutes les
rivieres prises et entierement glacées ne pouvoient transporter aucunes marchandises, le
froid qui faisoit mourir les animaux comme les hommes ne permettoit pas qu'on les exposât
a l'air, les moulins a eau geles rendoient les farines rares et le pain plus cher, il est
difficile de s'imaginer le grand nombre de moutons et de brebis qui moururent, on ne
croyoit pas qu'on pourroit presque en conserver de l'espece, et de plus la crainte qu'on
avoit pour les grains, les legumes et les arbres n'etoit pas le moindre mal qui tourmentât les
hommes ; On attendoit avec impatience le degel, il arriva après 17 jours de cette gelée
.../...
(illisible), et des lors on s'apperçut que toutes les herbes même celles des champs etoient
mortes, qu'un grand nombre de chénes et de gros arbres des forests etoient fendus et
entierement perdus de la gelee, tous les arbres fruitiers des jardins et vergers perdus
excepté les plus jeunes de 4 a 5 et 6 ans, les cerisiers, les groseliers, et quelques pruniers
tous les autres jeunes arbres fruitiers, ils poussoient seulement du pied, le reste etant
mort, et c'est en cela que je dit qu'il etoient encore un peu bons : A l'egard des grains
tout fut perdu, et on les voyoit comme si on y eut mis le feu. On fut dans cet
etat jusques a la fin d'avril, esperant que la saison feroit pousser de nouveau
les grains. On s'applique, même a Paris, a connoitre de quelle maniere on devoit
se comporter a la campagne, et on ecrivit dans toutes les maisons de campagne
de ne point toucher aux arbres, mais de les laisser sans les tailler. Le Parlement
deffendit de rompre les bleds et d'y faire de nouveaux guerets pour y semer d'autres
grains, pretendant qu'il y avoit un germe en terre qui devoit absolument pousser.
Il sembloit assez bien fondé, parce qu'après le degel de la grande gelée, il y eut
des bleds en plusisurs endroits, qui paroissoient un peu verts et vouloir pousser un
nouveau tuyau, mais une nouvelle gelée qui arriva au commencement de mars et qui
dura environ 14 jours avoit achevé de perdre les bleds et les legumes des jardins.
peut etre parce qu'elle avoit eté precedée de longues pluyes, jamais on n'ent plus de
peine a faire les avoines qui demeurerent en beaucoup d'endroits. Pendant ce tems
le bled alloit toujours en augmentant, et ce qui valloit il y a 8 jours 40 S. en valloit
aujourdhuy 50. en sorte qu'il valloit a la fin de mars où au commencement
d'avril 4# le froment, et a proportion les autres prains, mais plus encore
l'avoine, qui de 12 S. qu'elle valloit au mois de fevrier monta jusque a la moisson,
ou elle valloit 15 S. Le Roy et le Parlement qui connurent qu'il auroient
mal fait d'empecher de labourer les terres ou il y avoit en des bleds, le permirent
par un arret du 15e avril et deffendirent de vendre des grains ailleurs
que dans les marchés ; Il n'etoit plus tems dans quelques endroits, en d'autres
on avoit prevenu la persission du Roy, mais co(mme) on vit absolument dans le mois
de may tous les bleds manquer, on se jetta sur l'orge, le bled sarazin, et la
velle pour rensemencer avec tant de forces qu'il le faisoit souvent des l'emeutes
populaires dans les marches pour en avoir, tant il y avoit presse, surtout lorsq-
que de de 14 S. qu'elle valloit au mois de janvier vint a onze livres, et le bled
.../...
sarrazin qui auroit vallu 7S. l'année precedente valloit au mois de
may jusque a 14# le bichet. Les huiles augmentoient tous les jours de prix
d'autant que les oliviers en Provence et partout les noyers etoient morts, ce
qui rendit le bois a tres vil prix dans ces contrées lorsqu'on vit qu'il falloit
abbattre tous les noyers : parmi les arbres les jeunes sauvageons echapperent (a)
la gelée et quelques pommiers, mais a mesure que les chaleurs augmentoient (on)
s'appercevoit que des arbres qui avoient poussé et fleuri, sechoient et se
mourroient peu a peu. Les vignes (dans les contrées ou on les taille près de
terre) sembloient pousser un peu de fruit parce qu'elle n'etoient gelées que
depuis deux doigrs près de terre en montant, mais le tems et les saisons
furent si contraires que tout le fruit qui avoit paru perit, et on ne fit point
de vin du tout, c'est a dire que tout etant bien ramassé, a Cheroy n'avoit
pas fait 6 feuillettes, je ne dit pas de vin mais de verjus tant le fruit
etoit mauvais, et peu muri : ailleurs ou on taille haut elles etoient entierement gelées.
A l'egard du grain quelque ordre que les Magistrats majeurs et inferieurs
missent dans les marchés ou il n'etoient pas souvent les maitres, ils ne pouvoient
en empecher l'augmentation, car il monta jusques a 10. a 15#. le froment, et pour moy
qui fut un peu surpris par les marchands, je le vendis 9#. meteil et froment
prit ensemble et dans mon grenier au mois de septembre : On vouloit dans les
Provinces qu'on le taxât au Parlement, on ne pût y reussir ; il est vray qu'il
diminua tout le reste de l'année de 40 ou 50 S. par bichet, peut etre fut-ce a
cause de l'abondance de l'orge qui etoit venue si a propos que tout le monde
en mangeoit du pain, dans lequel même les indignens meloient un peu de velle,
les pauvres quelques fois faisoient du pain de velle tout pur sans autre
melange ; l'orge eut après la moisson different couts, mais elle n'etoit gueres au
dessus ny au dessous de 4# le bichet jusques a Noël, la velle 45 S. l'avoine 25S.
et ainsi des autres grains, tout les vivres suivoient les grains et etoient fort
chers, j'oublioit de remarquer que les oeufs (surtout les frais) etoient si
rares pendant l'hivert qu'on en a vû acheter a Paris 3# la piece. On
s'attendoit encore a voir des maladies regner pendant l'eté, mais co((mme) il fut asses
temperé, il ny en eut point. La moisson ne laissa pas d'etre difficile a
.../...
faire, a cause des pluyes tres frequentes, qui endommagerent les re(co)ltes ?
dans les champs, mais dont le grain neanmois n'en fut que plus propre a
faire du pain, parce qu'ellle n'avoit pas une odeur si forte que lorsqu'elle a eté
(reco)ltée ? seche ; Je laisse aux curieux a rechercher ce qui se passa ailleurs de
singulier

Remarques sur l'année 1710 qui ont eté
faittes icy a cause de la suitte qu'elles ont
avec les predecentes.

L'experience des maux soufferts l'année predecente en faisoit apprehender
de plus grands pour celle cy, mais malgré l'apprehention de tout le monde
le grain diminua extraordinairement ; ce qui y contribua beaucoup fut les
visites qu'on faisoit des greniers et des granges, l'obligation ou on mettoit
ceux qui avoient des grains de les vendre, et le bled etranger que le Roy
fit venir en son Royaume, qui quoy que gâté lors qu'il etoit en france ne
laissoit pas de servir. Le prix des grains pendant le cours de l'année fut donc
a peu près au mois de janvier 7# le froment, 6#.10s le meteil bon, 4#.
l'orge (qui etoit presque le seul grain qu'on vit dans les marches) 54s. la velle,
l'avoine 30s. le bled sarrazin n'avoit point de cours, car on ne s'en soucioit pas,
il se vendoit jusques a 40s. et vint toujours a diminuer plutôt que les
autres grains tant on l'estimoit peu, car etant mal venu l'année precedente,
on en ressema point, non plus que de millet. Au mois de fevrier et de
mars, le froment se vendoit 5#.10s. et jusques a 6#. le bon, meteil 5#.
l'avoine 18s., l'orge 50 et 55s., le velle 30s. Au mois d'avril et de
may l'avoine eut même cours, le froment se vendoit 4#. ou 4#.10s. le
meteil 3#. et 3#.5s., l'orge 36, 38, 40, et jusques a 42s.. Au mois de juin
et juillet le froment ne passoit gueres 3#.10s., le meteil 50s. et l'orge de
même que les mois precedents, et la velle 20s. co(mme) les 2 mois precedent. Si-
tôt que la moisson arrive l'orge diminua de 20s. en 3 semaines et se vendit
.../...
sur ce prix la tout le reste de l'année, c'est a dire 19. 20 et 22s. Le beau
bled pour semer se vendit encore un peu cher, le froment 30#.10s., 3#.58s., le meteil
jusques a 50s. le beau, l'avoine 15s. toute l'année. Si tot que le mois d'octobre
fut venu, le froment vint a 42s. et même en vint a de certains marches
le (illisible) 25s. quand il etoit bon, quelque fois un peu plus ou un peu moins selon
les marches. La velle valloit 10 a 12s. Cependant il ny avoit eu gueres que
la moitié des terres rensemencées en blé, et dans le commencement de la
moisson lors que les segles commencoient a etre serres, il fit une foudre et des
vents si furieux pendant deux demi journées differentes, deux jours entre deux,
que plus de la moité des grains furent perdus dans les champs ou ils etoient
a moissonner, et surtout le froment et le bon meteil, et pour plus grand
malheur c'est que ces vents furent uviversels partout le Royaume, il ne
demeura non plus presque point de fruits sur les arbres qui etoient echappés de
l'hivert precedent, et qui en etoient passablement charges, de sorte que ce n'etoit pas
sans sujet qu'on croignoit ; d'ailleurs les vignes auvoient gelé plusieurs fois, en sorte
qu'il ny etoit rien resté, et cela fut encore universel, on fit encore moins de
vin que l'année precedente, et il n'etoit pas bon, il fut toujours cher, vieil ou
nouveau, son prix etoit odinairement 100# le poinçon, 40 ou 50 etoit la
m(oyenne ?); On remarque que les 2 ou 3 premiers jours de juillet il gela blanc
comme il fait au Printems, lorsque les vignes sont gelées.
Il y eut cette année beaucoup de fievres putrides et malignes, du pourpre,
des rougeolles, fauttes plurelier, et autres maladies qu'on disoit etre
contagieuses et dont les plus jeunes, les plus forts, et même les plus commodes
mourroient, ce qui fut aussi universel, il y avoit dans le sang de toutes
les pers(onnes) qu'on seignoit de la mauvaise qualites que les Medecins les plus
habiles sembloient ny rien connoitre, ce qui oblidea le Roy d'envoyer en
quelques endroits des Medecins habiles, co(mme) a Montargis et ailleurs : il est
vray que cette paroisse ne fut pas si violemment attaquée que beaucoup
d'autres, mais il y a eu beaucoup d'endroits ou le quart et même le tiers
des habitans etoient morts cette année. Je laisse les autres remarques
touchant les affaires d'etat qu'on pourra voir ailleurs.
Juin.

Réçit de l'Hyver 1709

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Réçit de l'Hyver 1709

Année 1709 Humbert, Pas-de-Calais, France

L’hyver qui comença à la St André de l’année 1708 et qui finit au mois d’avril 1709 a causé touttes les disgrâces qui sont cy après exprimées. Il a esté si rude que de mémoire d’homes on ait jamais vû de pareil. La gelée a esté si forte qu’elle glaçoit tout ce qui étoit liquide jusque dans les caves et mêmes dans le fours. Quantité d’arbres et autres plantes ont péris par la rigeur du froid telle que pomiers, poiriers et autres arbres frutiers come noyers, vignes, mesmes jusqu’au houes et buys qui sont les bois les plus durs de...

L’hyver qui comença à la St André de l’année 1708 et qui finit au mois d’avril 1709 a causé touttes les disgrâces qui sont cy après exprimées. Il a esté si rude que de mémoire d’homes on ait jamais vû de pareil. La gelée a esté si forte qu’elle glaçoit tout ce qui étoit liquide jusque dans les caves et mêmes dans le fours. Quantité d’arbres et autres plantes ont péris par la rigeur du froid telle que pomiers, poiriers et autres arbres frutiers come noyers, vignes, mesmes jusqu’au houes et buys qui sont les bois les plus durs de ce pays. Mais ce qui a le plus désolé le peuple est que la grande quantité de neige qu’il a tombé par trois ou quatres reprises poussé par les vents de midy decouvroit les campagnes et remplissoit les vallées en telle abondances qu’il estoit moralement impossibles de marcher à pied et encore moins à cheval. Ces neiges et gelées furent suivies d’une pluye abondantes qui dura tout le long du mois d’avril, après lesquelles on s’est appercu universellement dans tout le paÿes que les blez et autres grains d’hyver étoient générallement péris, ce qui a causé une telle chereté de grains que le blez a vallu dans le mois de maye 1709 quarante livres le septier, mesures de Montreüil, le soucrion a vallu trente sols le boysseaux, la paumelle quatre livres le boisseaux, le blez sarazin ou bocquys quatre livres quinze sols aussy le boisseaux de Montreüil, l’avoines a vallu une pistole ou dix livres le septiers et on a esté obligé de rassemencer touttes les terres où on avoit semé du blez l’après aoust précédent. Il paroit à présent que les bas grains seront en abondances, ils la promettent par les pluyes fréquentes qui arrosent les campagnes. Voila une parties des misères qui nous accablent et qui causent une famine très grande dans le temps que j’aye la main à la plume pour les descrires affin de les laisser à lire à ceux que Dieu envoyra après nous au gouvernement de cette paroisse d’Humbert ou à ceux qui les liront affin qu’ils puisse par la connoissance qu’ils auront par ce moyen prendre leurs mesures en pareil accident que celuy qui nous réduit dans une misère si grande que celle que nous ne pouvons empêcher de voir souffrir à la plus saine partie du peuple que la providence a comis à nos soins étant hors d’état de les secourir par la suitte. Si Dieu par un effet de sa main toutte puissante n’arrête le cour de ces calamités par la récolte des bas grains que nous espérons qu’elle nous donera et dont nous serons heureux de pouvoir usé au lieu de blez dont il n’est nullement question d’attendre de faire récolter car je donerois sans exagérer le produit de mes dixmes qui année pour autres me fournissoit quatorze cent de grains l’hyver pour dix gerbes cette année icy. Tout ce que dessus n’excède en rien les bornes de la vérité, les choses étant ainsy que je les exprime et c’est en foy de tout ce que dessus que j’aye signé ce jourdhuy septième jour du mois de juin de l’année mil sept cent noeuf. François Delaporte, prêtre curé d’Humbert

Le grand hiver

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Le grand hiver

Année 1709 Montagny, Loire, France

Pendant laquelle Dieu nous afligea de la manière la plus etonante ainsi que j'ay marque a la fin de ce registre
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En l'année 1709 est arrivé un froid qui a surpassé tout ce que l'on a vu depuis la creation du monde, dumoins a nous. Comme le gros froid commença le jour des Rois et finit le vingt deux inclusivement, lequel jour le degel commença et fut le seul depuis le 6 qui permit de sortir sans mourir, et ceux qui le voulurent entreprendre moururent. On en trouva nombre, voyageurs, ou autres qui s'exposerent car ce froid fut general,...

Pendant laquelle Dieu nous afligea de la manière la plus etonante ainsi que j'ay marque a la fin de ce registre
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En l'année 1709 est arrivé un froid qui a surpassé tout ce que l'on a vu depuis la creation du monde, dumoins a nous. Comme le gros froid commença le jour des Rois et finit le vingt deux inclusivement, lequel jour le degel commença et fut le seul depuis le 6 qui permit de sortir sans mourir, et ceux qui le voulurent entreprendre moururent. On en trouva nombre, voyageurs, ou autres qui s'exposerent car ce froid fut general, tous les noyers gelerent, les chenes fendirent et le 22 que jalay a St Vincent, les arbres fendoient et faisoient du bruit comme un coup de pistolet. jusques la que (j'invitais) plusieurs en ? au bois de Madame de gravine ou je m'etois le bout de ma cane.
Cette gelée emporta generalement tous les bleds, il valut jusqu'a 6# 10s, le seigle, le froment 9#. Et la menue recolte fut abondante et nourrit tout le monde, le bled noir se vendit au mois de may 11#, l'orge 9 a 10, on eut permission de faire gras trois jours de la semaine par monseigneur. Le dimanche, le mardy et le jeudy en semaine, suite illisible.

Récit de l'hiver 1709

Récit de l'hiver 1709

Année 1709 Frangy-en-Bresse, Saône-et-Loire, France

Cette année 1709 l'hiver fut si violent que les bleds qui ettoint en terre gelerent et qu'il n'y en eut pas.
beaucoup de personnes vivoient d'herbes, le froment valu
jusqu'a vingt huit a trente liv le bichet ; le froid
commença le jour des roys, la tres grande crue d'eau qui
fut gelé des le lendemain, et avec une violente bise.
Il y eut cett anné quantité aussy de fruit de la ?
ce qui n'auroit pas etté si bon avoit suivit l'ordonnace
du parlement de dijon qui avoit deffendu de mettre la
charue dans les endroit ou les bleds ettoint perdu voulant
qu'il ne le fussent pas.

Cette année 1709 l'hiver fut si violent que les bleds qui ettoint en terre gelerent et qu'il n'y en eut pas.
beaucoup de personnes vivoient d'herbes, le froment valu
jusqu'a vingt huit a trente liv le bichet ; le froid
commença le jour des roys, la tres grande crue d'eau qui
fut gelé des le lendemain, et avec une violente bise.
Il y eut cett anné quantité aussy de fruit de la ?
ce qui n'auroit pas etté si bon avoit suivit l'ordonnace
du parlement de dijon qui avoit deffendu de mettre la
charue dans les endroit ou les bleds ettoint perdu voulant
qu'il ne le fussent pas.

18 jours de froid

18 jours de froid

Année 1709 Saint-Sauveur, Haute-Garonne, France

Fera mémoire à perpétuité que cette année, le lendemain des rois, il fist un si grand froid pendant 18 jours qu'il tua les vignes, les chênes, les arbres, le vin glaça dans le toneaux, la terre s'entrouvroit avec bruit, les chênes se tendoit avec esclat, tout étoit glacé, enfin jamais homme n'avoit veu rien de semblable, il n'y eu presque point de vin ; on attendoit que les souches pousseroient mais la sève étoit éteinte, il n'y eut que ceux qui le coupèrent à pied qui l'année suivante eurent des raisins ; on remarca que pour empêcher la glace dans...

Fera mémoire à perpétuité que cette année, le lendemain des rois, il fist un si grand froid pendant 18 jours qu'il tua les vignes, les chênes, les arbres, le vin glaça dans le toneaux, la terre s'entrouvroit avec bruit, les chênes se tendoit avec esclat, tout étoit glacé, enfin jamais homme n'avoit veu rien de semblable, il n'y eu presque point de vin ; on attendoit que les souches pousseroient mais la sève étoit éteinte, il n'y eut que ceux qui le coupèrent à pied qui l'année suivante eurent des raisins ; on remarca que pour empêcher la glace dans les selliers il falloit y faire de la fumée, le dégel arriva le 21e jan. il rompit la chaussée du basacle en certains endroits Garonne étoit glacée jusqu'à la base, ce qui causa presque la ruine de tout le poisson.

Carême, récoltes, et recette de vin "ersatz"

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Carême, récoltes, et recette de vin "ersatz"

Année 1709 Saint-Jean-de-Touslas, Rhône, France

Page 1
Par un mandement de monseigneur Claude de St George archevêque et Comte de Lyon du 31e janvier mil sept cent neuf, nous avons mangé de la viande pendant le careme jusqu'au dimanche des rameaux exclusivement, sçavoir le dimanche matin et soir, le lundy, mardy, et jeudy matin et le soir maigre, sans deroger aucunement au jeûne, le tout a cause de la vigeur de l'hyver, qui a été si cruel que les bleds, froments et soigle sont entierement morts, ce qui a causé une tres grande cherté des grains, puisque le soigle s'est vendu jusqu'a 12 livre le bichet,...

Page 1
Par un mandement de monseigneur Claude de St George archevêque et Comte de Lyon du 31e janvier mil sept cent neuf, nous avons mangé de la viande pendant le careme jusqu'au dimanche des rameaux exclusivement, sçavoir le dimanche matin et soir, le lundy, mardy, et jeudy matin et le soir maigre, sans deroger aucunement au jeûne, le tout a cause de la vigeur de l'hyver, qui a été si cruel que les bleds, froments et soigle sont entierement morts, ce qui a causé une tres grande cherté des grains, puisque le soigle s'est vendu jusqu'a 12 livre le bichet, le soigle tremoy 15#, l'orge 14#, le bled noir 15# les peisettes 11#, tellement que le pain de soigle vaut trois sols la livre et la miche de bolanger pesant deux livres poids de lyon vaut 15s 10d.

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Le froment s'est vendu a la grenelle a lyon jusqu'a dix neuf livres le bichet ; cette même année nous avont exposé le tres St sacrement, par un mandement de monseig. l'Archevêque, a cause de la disette des grains, depuis le 14e avril, jusqu'au 15 juillet, et avons donné la benediction tous les jours environ le ????? apres avoir celebré une messe basse le tout conformement aud. mandement.
La meme année et au mois de septembre, la recolte des menus grains etant lancé, le froment vaut encor 15 livres, le soigle 10 a 11# le bichet, et l'orge sept livres ; nous ajouterona aussi que cette meme année, la recolte du vin manque presque entierement, Le vin vaut a present jusqu'a vingt cinq livres l'anée, et je puis certifier l'avoir acheté a ce prix au lieu du fey, parroisse de Treney, ainsi nous avons le malheur de voir toutes les denrées assez cheres en meme temps, et a peine l'avenir pourra elle croire ce que je met icy au plus juste pour informer nos successeurs de la misere que nous voyons avec douleur cette année 1709.

La disette du vin a été si grande que nous avons été obligé de faire de la geneuvette pour nous tenir lieu de vin, c'est a dire un vin qui est composé comme s'en suit a cavoir, est de prendre un bichet de grain de geneuve bien mur, le concasser, ensuitte le mettre dans une barrille de 3 années environ, y jetter une bouteille d'eau de vie, ou esprit de vin, ensuitte faire bouillir de l'eau , et la jetter dans lad. barrille pendant trois jours, c'est a dire une anée chaque jour may il faut observer de ne pas tout a fait rempli lad. barrille, afin que lad. boisson puisse bouillir, ensuitte jetter une couppe d'orge dans lad. barrille il faut aussi faire bouillir trois livres de la mouscouade, puis la jetter dans lad. barrille, il faut aussi concasser trois livres de coriandre qu'il faut de meme faire bouillier avec de lad. eau de geneuve, et mettre le tout dans led. tonneau, et laisser ensuitte reposer lad. boisson jusqu'a ce quelle soit bien fermenté, et apres un moy de temps on poura boire lad. geneuvette jusqu'a moittié du tonneau, et on poura si on veut remplir lad. barrille pour continuer a boire la d. boisson tenant lieu de vin, dans un tems de disette lad. boisson ets tres cordiale au sentiment de tous les medecins, led. geneuve s'est vendu a lyon jusqu'a sept livres le bichet, parce que toute la populace a voulu eprouver de que j'ai cy dessus marqué, et que j'ai eprouvé moy même.

L'hiver 1709 à Vouillé-les-Marais

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L'hiver 1709 à Vouillé-les-Marais

Année 1709 Vouillé-les-Marais, Vendée, France

Homme vivant de quelque age qu'il soit de cent ans et au dessus a ce qu'ils disent comme il y en a dans la paroisse n'ont poin veû de froit si
aigu que celuy qui a fait cette présente année.
La rivière glacée a porter les chevaux chargés, les bleds semés gellés, les vignes, les nohiers, et plusieurs autres espèces d'arbre gellés comme s'ils avoient passez au feu, les bords de la mer glaces qui ont fait périr les moucles et une infinité d'autres accidents arrives par le froit et en quinzes jours, le vin glacé dans les bariques d'une epesseur...

Homme vivant de quelque age qu'il soit de cent ans et au dessus a ce qu'ils disent comme il y en a dans la paroisse n'ont poin veû de froit si
aigu que celuy qui a fait cette présente année.
La rivière glacée a porter les chevaux chargés, les bleds semés gellés, les vignes, les nohiers, et plusieurs autres espèces d'arbre gellés comme s'ils avoient passez au feu, les bords de la mer glaces qui ont fait périr les moucles et une infinité d'autres accidents arrives par le froit et en quinzes jours, le vin glacé dans les bariques d'une epesseur prodigieuse grand froid et grandes neiges, les chevaux passent la rivière au gué sur la glace.

Témoignage sur le grand hiver

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Témoignage sur le grand hiver

Année 1709 Saint-Berthevin-la-Tannière, Mayenne, France

Dans cette année 1709 nous pouvons dire avoir eu le grand hyver puisque viron le dix janvier quinze jours durent viron le vingcinq fevrier il a fait un froid qui surpasse celuy de memoire d’homme tous les jardinag(y)es, perdus, les lauriers se sont perys, lhiere, les houx, les chataigners, noyers, morts, les poiriers la plus part ont perys les entes bien endomagées, tous les bleds seigles, froment rouges, lins en plusieurs pays ont eté perdus par le froid, les vignes touttes mortes selon le raport de plusieurs du pais de vignobles. quantité de personnes morts de froid on m a...

Dans cette année 1709 nous pouvons dire avoir eu le grand hyver puisque viron le dix janvier quinze jours durent viron le vingcinq fevrier il a fait un froid qui surpasse celuy de memoire d’homme tous les jardinag(y)es, perdus, les lauriers se sont perys, lhiere, les houx, les chataigners, noyers, morts, les poiriers la plus part ont perys les entes bien endomagées, tous les bleds seigles, froment rouges, lins en plusieurs pays ont eté perdus par le froid, les vignes touttes mortes selon le raport de plusieurs du pais de vignobles. quantité de personnes morts de froid on m a dit qu’a paris on en voyait quelques fois par jour 80 ou cent morts de froid.

La perte de tous les grains par le froid à causé une cherté jointe avec la disette excepté les avoinnes en ces pais, et orges en le haut pais, et aussy les froments noirs en ce pais … qui ont un peu soulagé les bleds seigles à goron (ditte mesure ?) y à vallu douze livres six sou le plus haut prix mais le commun prix à eté pendant plusieurs mois neuf dix livres. les froments noirs au temps de la semaison de 1709 y a vallu huit livres le plus haut prix mais le prix commin, quatre, cinq, six livres, les avoinnes menuës y sont allée jusques à cinquante cinq sou, le commun prix quanrante quarante cinq sou les grosses avoinnes trois livres
dix huit sou le plus haut prix mais de un ecu le commun. Le cidre de normandie à couté cent livres le tonneau on le vendoit à mayenne huit sou le pot en ces pays icy six sou sept sou le pot. Le
vin blanc ving, vingquatre, vinghuit sou le pot le rouge d anjou trente sou. le pain à paris y à vallu huit sou la livre petit poids beaucoup de temps mais le prix commun 6-7
sou. le pain de froment rouge fort rare en ces pais on ne voyait commmunement en marches et cher les boullangers que du pain de froment nois ou sarasin ou d avoinne.

Dans cette année1709 nous pouvon dire avoir eu le grand hyver puisque viron le dix janvier quinze jours durent viron le vingcinq fevrier il a fait un froid qui surpasse celuy de memoire d’homme tous les jardinag(y)es, perdus, les lauriers se sont perys, lhiere, les houx, les chataigners, noyers, morts, les poiriers la plus part ont perys les entes bien endomagées, tous les bleds seigles, froment rouges, lins en plusieurs pays ont eté perdus par le froid, les vignes touttes mortes selon le raport de plusieurs du pais de vignobles. quantité de personnes morts de froid on m a
dit qu’a paris on en voyait quelques fois par jour 80 ou cent morts de froid.

La perte de tous les grains par le froid à causé une cherté jointe avec la disette excepté les avoinnes en ces pais, et orges en le haut pais, et aussy les froments noirs en ce pais … qui ont un peu soulagé les bleds seigles à goron (ditte mesure ?) y à vallu douze livres six sou le plus haut prix mais le commun prix à eté pendant plusieurs mois neuf dix livres. les froments noirs au temps de la semaison de 1709 y a vallu huit livres le plus haut prix mais le prix commin, quatre, cinq, six livres, les avoinnes menuës y sont allée jusques à cinquante cinq sou, le commun prix quanrante quarante cinq sou les grosses avoinnes trois livres dix huit sou le plus haut prix mais de un ecu le commun. le cidre de normandie à couté cent livres le tonneau on le vendoit à mayenne huit sou le pot en ces pays icy six sou sept sou le pot. Le vin blanc ving, vingquatre, vinghuit sou le pot le rouge d Anjou trente sou. le pain à paris y à vallu huit sou la livre petit poids beaucoup de temps mais le prix commun 6-7 sou.

Le pain de froment rouge fort rare en ces pais on ne voyait commmunement en marches et cher les boullangers que du pain de froment nois ou sarasin ou d avoinne.

Prix des denrées

Prix des denrées

Année 1709 Vouillé-les-Marais, Vendée, France

Le bled est toujours cher le froment vaut quatres cent francs, le gros bled deux cents francs et il est à croire qu'il augmentera avant la St Michel prochaine - Dieu surtout.

Cultures détruites par les gelées du grand hiver 1709

Cultures détruites par les gelées du grand hiver 1709

Année 1709 Corlée (Langres), Haute-Marne, France

Le curé décrit la perte des cultures par le gel et l'inflation des prix.

Hiver rigoureux

Hiver rigoureux

Année 1709 Vincelles, Yonne, France

L'on ne sera peut-être pas fâché de savoir que cette presente année l'hiver fut si terrible que les bleds furent gelés universellement partout, c'est ce qui sera incroyable a la postérité et cependant il n'y a rien de plus vrai. Je vin moy même plus de deux cent lieux de païs et fut temoin oculaire que dans la flandre la picardie dans la Champagne et dans la Bourgogne, c'étoit la même misere que l'on déploroit, mais comme il y avoit encore du vieux bled, le pain ne fut encore vendu que 5 et 6 sols la livre.
L'on voira ce...

L'on ne sera peut-être pas fâché de savoir que cette presente année l'hiver fut si terrible que les bleds furent gelés universellement partout, c'est ce qui sera incroyable a la postérité et cependant il n'y a rien de plus vrai. Je vin moy même plus de deux cent lieux de païs et fut temoin oculaire que dans la flandre la picardie dans la Champagne et dans la Bourgogne, c'étoit la même misere que l'on déploroit, mais comme il y avoit encore du vieux bled, le pain ne fut encore vendu que 5 et 6 sols la livre.
L'on voira ce qui arrivera de triste dans l'autre année suivante.
Le Roi Louis XIIII fit faire des recherche par tout les greniers et il y avoit ordre que de laisser bien juste ce qu'il faloit pour chaque maison.
Les grandes maisons à Paris, et à leur imitation dans les villes de province, les premiers de chaque lieux fesoient faire un feu commun dans le melieu des rues. La rigueur du froid du mois de janvier fut si grande, que l'on ne pouvoit mettre le née à l'air sans etre saisi ; il se trouva une infinité de personne morte par les champs, moy-même je ne sçay par quel miracle de la providence j'en ay réchapé. Malgré la force des habits, la bonté de mon cheval, cependant il m'étoit impossible de faire plus de 3 lieux que je fesois plus de moitié à pied et en bottes ; mais aussi cette fatigue la m'a fort diminué n'ayant pas eu une santé meme passable depuis ce temps.

Hiver 1709

Le 5e janv. 1709 commança une gelée qui etonnera tous les seiscles suivants. Dans la premiere nuit tout fut gelé jusqu'au plus grosses revieres sur lesquelles on marchois avec autant d'assurance que sur la terre la plus ferme, elle dura trois semaines. il en vint une autre 8 ou 10 jours apres qui, presque moins vive, gela tous les bleds.
Sur la fin de Mars et au commancement d'Avril que commancant a croitre les bleds, il ne se trouva rien dans les champs qui paroissoient etre tout normallement labourés. le cherté des vivres qui commança un peu auparavant fut...

Le 5e janv. 1709 commança une gelée qui etonnera tous les seiscles suivants. Dans la premiere nuit tout fut gelé jusqu'au plus grosses revieres sur lesquelles on marchois avec autant d'assurance que sur la terre la plus ferme, elle dura trois semaines. il en vint une autre 8 ou 10 jours apres qui, presque moins vive, gela tous les bleds.
Sur la fin de Mars et au commancement d'Avril que commancant a croitre les bleds, il ne se trouva rien dans les champs qui paroissoient etre tout normallement labourés. le cherté des vivres qui commança un peu auparavant fut extreme en ce temt la le bled fut jusqu'à 9 et dix livres la mesure ces pays cy furent depeuplés, et ceux qui resterent moururent presque tous de fain. la terre fachée de ne rien produite, ramassa toutes ses forces pour multiplier les semis que lon sema par tout, et l'abondance fut si grande qu'elle mit fin a la cherté sur la fin de juillet de la meme année.