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Au début du mois de janvier 1709, une vague de froid frappe l’Europe. La France est particulièrement touchée : du 6 au 22 janvier, les gelées atteignent des records. À Marseille, le 8 janvier, il fait -11,2 °C et le Vieux port est pris dans les glaces ; le 11 janvier, la température atteint -17,5 °C ! Les oliviers et les orangers du sud de la France gèlent, et dans le pays entier les arbres se fendent, les rivières se recouvrent de glace, la neige recouvre les champs, et les denrées deviennent chères. Le froid, la faim et les épidémies...

Au début du mois de janvier 1709, une vague de froid frappe l’Europe. La France est particulièrement touchée : du 6 au 22 janvier, les gelées atteignent des records. À Marseille, le 8 janvier, il fait -11,2 °C et le Vieux port est pris dans les glaces ; le 11 janvier, la température atteint -17,5 °C ! Les oliviers et les orangers du sud de la France gèlent, et dans le pays entier les arbres se fendent, les rivières se recouvrent de glace, la neige recouvre les champs, et les denrées deviennent chères. Le froid, la faim et les épidémies entraînent une importante surmortalité. Cet hiver exceptionnel est resté dans les mémoires et est décrit dans les registres paroissiaux de centaines de communes françaises.

Le Grand Hyver 1609

Le Grand Hyver 1609

06/01/1609 Saint-Ouen-sur-Maire, Orne, France

Le grand hyver de 1709

Le dimanche sixième janvier mil sept cents neuf jour de feste des roys commença un hyver qu’on peut appeler avec justice le grand hyver puisqu’il gasta non seulement les bleds, mais aussi tous les arbres fruitiers chenes et plusieurs des especes de bois . Le blé commença aussitôt d’être cher et continua de l’être non seulement en ladite année mais aussi en la suivante. La misere fut tres grande tant de la part de la charité que des subsides que le prince devoit sur ses peuples pour entretenir une grosse armée qui ne servoit...

Le grand hyver de 1709

Le dimanche sixième janvier mil sept cents neuf jour de feste des roys commença un hyver qu’on peut appeler avec justice le grand hyver puisqu’il gasta non seulement les bleds, mais aussi tous les arbres fruitiers chenes et plusieurs des especes de bois . Le blé commença aussitôt d’être cher et continua de l’être non seulement en ladite année mais aussi en la suivante. La misere fut tres grande tant de la part de la charité que des subsides que le prince devoit sur ses peuples pour entretenir une grosse armée qui ne servoit qu’a rendre temoignage des batailles que le prince Eugène et Malborau commandants de l’armée ennemie remportoient sur nous et des villes qu’ils nous prenoient. Le sildre et poiré furent fort chers le tonneau. Je le dis pour en avoir vendu un tonneau dix pistoles encore n’étoit il pas sans eau dieu nous garde d’une pareille année.

Broutin prêtre curé

Rigueur de l'hiver de 1709 en Loire Atlantique

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Rigueur de l'hiver de 1709 en Loire Atlantique

Année 1708 - Année 1709 Soudan, Loire-Atlantique, France

Dès le mois d’Avril on sema du blé noir qui se trouva bon, ensuite la véritable saison étant venue ou on sema en si grande quantité qu’il valut jusqu’à
30 sols le bouesseau nantais ; ce fut la seule espérance pour cette année. Ainsi tel qui mangeoit les autres années du pain de froment et de seigle se trouvoit fort heureux d’en avoir cette année d’avoine et de blé noir.
Vers la saint jean baptiste il arriva un surcroit de malheurs, le illes de la rivière de la Loire permettoient une abondante récolte ; mais on fut bien surpris lorsqu’à l’heure...

Dès le mois d’Avril on sema du blé noir qui se trouva bon, ensuite la véritable saison étant venue ou on sema en si grande quantité qu’il valut jusqu’à
30 sols le bouesseau nantais ; ce fut la seule espérance pour cette année. Ainsi tel qui mangeoit les autres années du pain de froment et de seigle se trouvoit fort heureux d’en avoir cette année d’avoine et de blé noir.
Vers la saint jean baptiste il arriva un surcroit de malheurs, le illes de la rivière de la Loire permettoient une abondante récolte ; mais on fut bien surpris lorsqu’à l’heure qu’on y pensoit le moins il vint une crue si furieuse et si haute que tout fut submergé quelle désolationde voir de si belles apparences évanouies dans un moment.

Gel et guerre

Gel et guerre

05/1708 Hallencourt, Somme, France

"En cette année le bled fut entièrement gelé sans pouvoir en dépouiller la demye semence le mois d'aout en suivant la guerre étoit si cruelle que le Roy de france seul soutenoit [?] l'allemagne la hollande le duc de Savoie et le Roy de portugal. O dieu de bonte quelle famine et quelle guerre". Signé LeRoy (prêtre de St-Firmin)

L'hiver 1709 à Fontaine-Raoul

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L'hiver 1709 à Fontaine-Raoul

Année 1709 Fontaine-Raoul, Loir-et-Cher, France

Nous voici par la grace de Dieu à la fin d'une bien facheuse année et demain (si Dieu n'a pitié de nous ) au commencement d'une autre qui ne le sera selon toute aparence pas moins.
le 6 de janvier de cette année 1709 une gelée commença qui dura deux mois, avec tant de force que tous en souffrit beaucoup. au moins les trois quarts des oiseaux sont partis par la rigueur du froid principalement les merles dont il n'en est presque pas resté .
Tous les noiers, les chateigners, la moitié des autres arbres fruitiers et des chaînes sont morts...

Nous voici par la grace de Dieu à la fin d'une bien facheuse année et demain (si Dieu n'a pitié de nous ) au commencement d'une autre qui ne le sera selon toute aparence pas moins.
le 6 de janvier de cette année 1709 une gelée commença qui dura deux mois, avec tant de force que tous en souffrit beaucoup. au moins les trois quarts des oiseaux sont partis par la rigueur du froid principalement les merles dont il n'en est presque pas resté .
Tous les noiers, les chateigners, la moitié des autres arbres fruitiers et des chaînes sont morts par la force de la gelée . les blés et orges bechaits ont tellement souffert que dans cette paroisse il n'a eté cuilly que cinquante boiseaux de blé rouillé dont i'en ai eu deux et demi pour la dixme ce qui
.../...
environ le mois d'avril a fait monter de prix le bled jusqu'à vingt cinq livres le septier mesure de Châteaudun ce qui a continué jusqu'au mois de septembre où il est monté jusqua quarante et quarante deux livres à cause de la semence ; mais Dieu , pour donner occasion aux pauvres d'en semer un peu , le fit revenir à vingt livres le meilleur en novembre et décembre. L'on ne peut s'imaginer combien le peuple a souffert non obstant qu'il a été
cuilli une grande quantité d'orge , non pas en cette paroisse où il n'ai eu de ce grain que six boiceaux de dixme , le terroir n'y étant pas propre . Les avoines y sont venues en assez grande quantité , mais elles ont eu le temps si peu propre pour leur maturité qu'a peine peut on en faire cinq livres de tres mauvais pain de chaque boisseau ; lequel pain nourrit si peu que les pauvres ont toujours faim, ce qui fait voir que Dieu en a renié la force et la substance et que ce que nous souffrons est un visible châtiment de sa part , nous aiant privé tout a la fois de bled, de vin et de fruit , dans un temps ou jamais la guerre ne fut plus alumée
entre les princes , l'argent plus rare parmi le peuple et plus nécessaires pour paier un tres grand nombre d'impots .
priés Dieu pour celui qui vous instruit du passé et je le supplie qu'il nous preserve d'un temps semblable a celui ci,

Année aux cinq hyvers

Année aux cinq hyvers

Année 1709 Stainville, Meuse, France

Cette année on a eu cinq hyvers.
1- pendant les avants assez long.
2 - commença le jour des Roys, finit le 25 ou 26 janvier.
3 - environ de la sexagésime.
4 - commença le vendredi de careme , dura 15 jours de froid et après huit jours de temps doux ; il fit encore 8 ou 10 jours de froid avec neige, en sorte que les charrues ne firent presque point d’ouvrage avant le 25 mars qui tomba un lundy.
5 - on n’avait ouï parler d’un froid aussi grand que celuy qu’on souffrit au mois de...

Cette année on a eu cinq hyvers.
1- pendant les avants assez long.
2 - commença le jour des Roys, finit le 25 ou 26 janvier.
3 - environ de la sexagésime.
4 - commença le vendredi de careme , dura 15 jours de froid et après huit jours de temps doux ; il fit encore 8 ou 10 jours de froid avec neige, en sorte que les charrues ne firent presque point d’ouvrage avant le 25 mars qui tomba un lundy.
5 - on n’avait ouï parler d’un froid aussi grand que celuy qu’on souffrit au mois de janvier. Plusieurs personnes en moururent en campagnes, plusieurs pauvres gens aussi dans les villes et villages qui étaient mal chauffer, mal couverts. Beaucoup de volaille, presque tous les agneaux qui naissaient pendant ces froids, presque toutes les brebis de champagne, très grand nombre ailleurs, jeunes animaux quantité de bettes sauvages. Il reste fort peu d’oiseaux, quantité d’arbres dans les jardins notamment les pruniers excepté seulement les pommiers et cerisiers aigres. Les cerises furent conservées, presque point d’autres fruits. Les greffes de l’année précédente plusieurs prévues, on voiture le vin dans les sceaux. Tous les blés gelés et entièrement perdus, les vignes gelées l’ont encore été a déjà, on n’a point fait de vendange dans tout le pays, on avait semé du blé à la fin mars, mais il ne vint point à maturité. Dix huit mois auparavant, environ le 20 ou 25 juillet, il fit trois jours de chaleur si excessive que plusieurs personnes en campagne moururent, plusieurs betes grasses, chevaux de carosse.

Une des plus mauvaises années depuis plus de trois siècles...

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Une des plus mauvaises années depuis plus de trois siècles...

Année 1709 Le Girouard, Vendée, France

Cette année 1709 a été une des plus mauvaises
années qui aye passé depuis plus de trois siècles
ce qui paroit par les arbres qui ont péri par la
rigueur de l'hyver qui existoient depuis plus de
trois cent ans comme les ? les chataigners
les noyers, les chaines verts, les buys et autres.
la gelée n'a pas seulement attaquer les arbres les
plus forts et les plus vigoureux elle a encore
fait périr les blés et gater les vignes il n'y a
presque pas eu de metine dans ces pays icy, et
il ne c'est pas ceuilly un raisin dans les...

Cette année 1709 a été une des plus mauvaises
années qui aye passé depuis plus de trois siècles
ce qui paroit par les arbres qui ont péri par la
rigueur de l'hyver qui existoient depuis plus de
trois cent ans comme les ? les chataigners
les noyers, les chaines verts, les buys et autres.
la gelée n'a pas seulement attaquer les arbres les
plus forts et les plus vigoureux elle a encore
fait périr les blés et gater les vignes il n'y a
presque pas eu de metine dans ces pays icy, et
il ne c'est pas ceuilly un raisin dans les plaines,
le peu de blé qui a resté apres la gelée n'est venu
a maturité qu'a la fin du mois d'aoust, et il y en
a eu dans les champs au mois d'octobre et on n'a
pu le battre qu'au mois de novembre tant l'été a
été pluvieux, le prix du froment a été de
quatre cent livres le tonneau, le seigle de trois cent
livres lausine de quarante et cinquante écus.
mais ce qui passe l'imagination c'est que le blé
noir, méchant grain a valu comme le froment
une pistole le boisseau, le vin de nos plaines
s'est vendu deux cent livres le tonneau. jamais
la misère et la désolation n'a été si grande ?
les peuples, l'état des pauvres n'a jamais été si
déplorable, n'y ayant presque personne en état de
les assister par la rareté et du blé et de l'argent
.../...
le commerce étant ruiné depuis plus de
dix ans Joignez à tout cecy une guerre cruelle
qui ravage l'état depuis plus de vingt ans ,toute
l'Europe armée, et reünie contre la france.
Si jamais il arrivait rien de semblable dans la
suite, a ce qu'a Dieu ne plaise, il faudrait resemer
sur tout du seigle, de lausine, de l'orge et de la
baillarge aussitôt après les gelées, ceux qui ont
ressemer ont parfaitement bien reussy, il y en
a qui ont labourer tout de nouveau et ensemencer
les terres tout comme ils l'auraient fait a la St
michel et d'autres se sont contentez de gratter
les scillons, et de jeter du grain ou il en manquoit.
les uns et les autres en ont recueilly en abondance
mais peu de gens se sont soucier de resemer en ce
canton aussitôt après les gelées, ils ont cru se
dédomager par le mil, et le blé noir qu'ils ont
semer au mois de may ce qui n'a point reussy
en beaucoup d'endroits, ou du moins le tems a
été si mauvais lorsqu'il faloit receuillir
les ? de grains qu'on a été trompé dans
l'esperance qu'on avait d'en avoir une grande
quantité
Je prie Dieu que mes chers successeurs ne se
trouvent jamais dans une situation aussi triste
et facheuse que nous nous trouvons a présent
le 31 décembre 1709
? Curé de girouard

Observation sur l'année 1709 & 1710

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Observation sur l'année 1709 & 1710

Année 1709 - Année 1710 Chéroy, Yonne, France

Le 6e janvier jour des Rois 1709, la gelée commença d'une maniere si forte qu'en moins de 4 jours
devint si violente que jamais ho(mme) vivant n'en avoit senti de pareille : elle dura 17 jours, pendant
lesquels la disposition de l'air fut differente, tantôt clair, tantôt trouble : il tomba pendant plus(ieurs)
jours une neige si fine et en telle quantité qu'il y en avoit icy pres d'un pied d'epaisseur sur la te(rre)
Lorsque le tems etoit clair, il n'en etoit guere plus commode parce que le soleil sembloit ne
luire qu'avec peine et a travers un air epais et malin ; Tout cela...

Le 6e janvier jour des Rois 1709, la gelée commença d'une maniere si forte qu'en moins de 4 jours
devint si violente que jamais ho(mme) vivant n'en avoit senti de pareille : elle dura 17 jours, pendant
lesquels la disposition de l'air fut differente, tantôt clair, tantôt trouble : il tomba pendant plus(ieurs)
jours une neige si fine et en telle quantité qu'il y en avoit icy pres d'un pied d'epaisseur sur la te(rre)
Lorsque le tems etoit clair, il n'en etoit guere plus commode parce que le soleil sembloit ne
luire qu'avec peine et a travers un air epais et malin ; Tout cela rendoit les chemins
impraticables, les plus robustes etoient obliges soit a pied soit à cheval de s'en retourner sur leurs
pas dans leur maisons quelque pressées que fussent leurs affaires, la plupart avoient les pieds
et les mains gelées, de telle sorte qu'il y en a eu plusieurs qui on ont eté incommodes toute la
vie, il en etoit de même des batteurs de grains qui s'opiniatroient a travailler et qui vouloient
surmonter le froid par leur travail : Il mourut de froid beaucoup de personnes, et principalement
les petits enfans, en ayant enterré 22 dans cette paroisse pendant le mois de janvier :
Ce froid tout extraordinaire qu'il etoit le paraissoit encore davantage a cause de l'hyver precedent
de 1708, qui avoit eté tres doux, on pourroit dire même trop puisqu'on vit les vignes
pousser et montrer leur fruit dans quelques endroits, pour icy je ny ay vû que des bourres de
vignes tres grosses et des arbres fleuris, co(mme) ailleurs. Dans le mois de janvier 1708 aussi c'e(tte)
année n'avoit elle pas eté abondante nt ayant eu que moitié de grain des autres années
et presque point de vin, c'est a dire une feillette a l'arpent tout au plus, ce qui fit que le
grain etoit un peu plus cher et lors de la gelée de 1709 le froment valoit 40 S. le
métail 36 a 38 S., lauvine 12 S. la velle 14 S, et ainsi des autres grains mesure de
Cheroy c'est a dire pesante 40 livres la mesure de froment. Le vin etoit alors fort
commun parce les vendanges de 1706 et 1707 avoient eté tres abondantes, il semblait
embarasser ceux qui l'avoient, et quoy que l'année 1708 n'en eut presque point donné il
ne laissoit pas d'etre commun, il valloit douze a 13 # la feillette même pendant la
gelée, et on le trouvoit bien encheri parce qu'il ne valloit les années precedentes que (illisible)
la feillette, ou 10 a 12 # le muid.
On etoit dans une grande consternation partout pendant cette dure gelée, toutes les
rivieres prises et entierement glacées ne pouvoient transporter aucunes marchandises, le
froid qui faisoit mourir les animaux comme les hommes ne permettoit pas qu'on les exposât
a l'air, les moulins a eau geles rendoient les farines rares et le pain plus cher, il est
difficile de s'imaginer le grand nombre de moutons et de brebis qui moururent, on ne
croyoit pas qu'on pourroit presque en conserver de l'espece, et de plus la crainte qu'on
avoit pour les grains, les legumes et les arbres n'etoit pas le moindre mal qui tourmentât les
hommes ; On attendoit avec impatience le degel, il arriva après 17 jours de cette gelée
.../...
(illisible), et des lors on s'apperçut que toutes les herbes même celles des champs etoient
mortes, qu'un grand nombre de chénes et de gros arbres des forests etoient fendus et
entierement perdus de la gelee, tous les arbres fruitiers des jardins et vergers perdus
excepté les plus jeunes de 4 a 5 et 6 ans, les cerisiers, les groseliers, et quelques pruniers
tous les autres jeunes arbres fruitiers, ils poussoient seulement du pied, le reste etant
mort, et c'est en cela que je dit qu'il etoient encore un peu bons : A l'egard des grains
tout fut perdu, et on les voyoit comme si on y eut mis le feu. On fut dans cet
etat jusques a la fin d'avril, esperant que la saison feroit pousser de nouveau
les grains. On s'applique, même a Paris, a connoitre de quelle maniere on devoit
se comporter a la campagne, et on ecrivit dans toutes les maisons de campagne
de ne point toucher aux arbres, mais de les laisser sans les tailler. Le Parlement
deffendit de rompre les bleds et d'y faire de nouveaux guerets pour y semer d'autres
grains, pretendant qu'il y avoit un germe en terre qui devoit absolument pousser.
Il sembloit assez bien fondé, parce qu'après le degel de la grande gelée, il y eut
des bleds en plusisurs endroits, qui paroissoient un peu verts et vouloir pousser un
nouveau tuyau, mais une nouvelle gelée qui arriva au commencement de mars et qui
dura environ 14 jours avoit achevé de perdre les bleds et les legumes des jardins.
peut etre parce qu'elle avoit eté precedée de longues pluyes, jamais on n'ent plus de
peine a faire les avoines qui demeurerent en beaucoup d'endroits. Pendant ce tems
le bled alloit toujours en augmentant, et ce qui valloit il y a 8 jours 40 S. en valloit
aujourdhuy 50. en sorte qu'il valloit a la fin de mars où au commencement
d'avril 4# le froment, et a proportion les autres prains, mais plus encore
l'avoine, qui de 12 S. qu'elle valloit au mois de fevrier monta jusque a la moisson,
ou elle valloit 15 S. Le Roy et le Parlement qui connurent qu'il auroient
mal fait d'empecher de labourer les terres ou il y avoit en des bleds, le permirent
par un arret du 15e avril et deffendirent de vendre des grains ailleurs
que dans les marchés ; Il n'etoit plus tems dans quelques endroits, en d'autres
on avoit prevenu la persission du Roy, mais co(mme) on vit absolument dans le mois
de may tous les bleds manquer, on se jetta sur l'orge, le bled sarazin, et la
velle pour rensemencer avec tant de forces qu'il le faisoit souvent des l'emeutes
populaires dans les marches pour en avoir, tant il y avoit presse, surtout lorsq-
que de de 14 S. qu'elle valloit au mois de janvier vint a onze livres, et le bled
.../...
sarrazin qui auroit vallu 7S. l'année precedente valloit au mois de
may jusque a 14# le bichet. Les huiles augmentoient tous les jours de prix
d'autant que les oliviers en Provence et partout les noyers etoient morts, ce
qui rendit le bois a tres vil prix dans ces contrées lorsqu'on vit qu'il falloit
abbattre tous les noyers : parmi les arbres les jeunes sauvageons echapperent (a)
la gelée et quelques pommiers, mais a mesure que les chaleurs augmentoient (on)
s'appercevoit que des arbres qui avoient poussé et fleuri, sechoient et se
mourroient peu a peu. Les vignes (dans les contrées ou on les taille près de
terre) sembloient pousser un peu de fruit parce qu'elle n'etoient gelées que
depuis deux doigrs près de terre en montant, mais le tems et les saisons
furent si contraires que tout le fruit qui avoit paru perit, et on ne fit point
de vin du tout, c'est a dire que tout etant bien ramassé, a Cheroy n'avoit
pas fait 6 feuillettes, je ne dit pas de vin mais de verjus tant le fruit
etoit mauvais, et peu muri : ailleurs ou on taille haut elles etoient entierement gelées.
A l'egard du grain quelque ordre que les Magistrats majeurs et inferieurs
missent dans les marchés ou il n'etoient pas souvent les maitres, ils ne pouvoient
en empecher l'augmentation, car il monta jusques a 10. a 15#. le froment, et pour moy
qui fut un peu surpris par les marchands, je le vendis 9#. meteil et froment
prit ensemble et dans mon grenier au mois de septembre : On vouloit dans les
Provinces qu'on le taxât au Parlement, on ne pût y reussir ; il est vray qu'il
diminua tout le reste de l'année de 40 ou 50 S. par bichet, peut etre fut-ce a
cause de l'abondance de l'orge qui etoit venue si a propos que tout le monde
en mangeoit du pain, dans lequel même les indignens meloient un peu de velle,
les pauvres quelques fois faisoient du pain de velle tout pur sans autre
melange ; l'orge eut après la moisson different couts, mais elle n'etoit gueres au
dessus ny au dessous de 4# le bichet jusques a Noël, la velle 45 S. l'avoine 25S.
et ainsi des autres grains, tout les vivres suivoient les grains et etoient fort
chers, j'oublioit de remarquer que les oeufs (surtout les frais) etoient si
rares pendant l'hivert qu'on en a vû acheter a Paris 3# la piece. On
s'attendoit encore a voir des maladies regner pendant l'eté, mais co((mme) il fut asses
temperé, il ny en eut point. La moisson ne laissa pas d'etre difficile a
.../...
faire, a cause des pluyes tres frequentes, qui endommagerent les re(co)ltes ?
dans les champs, mais dont le grain neanmois n'en fut que plus propre a
faire du pain, parce qu'ellle n'avoit pas une odeur si forte que lorsqu'elle a eté
(reco)ltée ? seche ; Je laisse aux curieux a rechercher ce qui se passa ailleurs de
singulier

Remarques sur l'année 1710 qui ont eté
faittes icy a cause de la suitte qu'elles ont
avec les predecentes.

L'experience des maux soufferts l'année predecente en faisoit apprehender
de plus grands pour celle cy, mais malgré l'apprehention de tout le monde
le grain diminua extraordinairement ; ce qui y contribua beaucoup fut les
visites qu'on faisoit des greniers et des granges, l'obligation ou on mettoit
ceux qui avoient des grains de les vendre, et le bled etranger que le Roy
fit venir en son Royaume, qui quoy que gâté lors qu'il etoit en france ne
laissoit pas de servir. Le prix des grains pendant le cours de l'année fut donc
a peu près au mois de janvier 7# le froment, 6#.10s le meteil bon, 4#.
l'orge (qui etoit presque le seul grain qu'on vit dans les marches) 54s. la velle,
l'avoine 30s. le bled sarrazin n'avoit point de cours, car on ne s'en soucioit pas,
il se vendoit jusques a 40s. et vint toujours a diminuer plutôt que les
autres grains tant on l'estimoit peu, car etant mal venu l'année precedente,
on en ressema point, non plus que de millet. Au mois de fevrier et de
mars, le froment se vendoit 5#.10s. et jusques a 6#. le bon, meteil 5#.
l'avoine 18s., l'orge 50 et 55s., le velle 30s. Au mois d'avril et de
may l'avoine eut même cours, le froment se vendoit 4#. ou 4#.10s. le
meteil 3#. et 3#.5s., l'orge 36, 38, 40, et jusques a 42s.. Au mois de juin
et juillet le froment ne passoit gueres 3#.10s., le meteil 50s. et l'orge de
même que les mois precedents, et la velle 20s. co(mme) les 2 mois precedent. Si-
tôt que la moisson arrive l'orge diminua de 20s. en 3 semaines et se vendit
.../...
sur ce prix la tout le reste de l'année, c'est a dire 19. 20 et 22s. Le beau
bled pour semer se vendit encore un peu cher, le froment 30#.10s., 3#.58s., le meteil
jusques a 50s. le beau, l'avoine 15s. toute l'année. Si tot que le mois d'octobre
fut venu, le froment vint a 42s. et même en vint a de certains marches
le (illisible) 25s. quand il etoit bon, quelque fois un peu plus ou un peu moins selon
les marches. La velle valloit 10 a 12s. Cependant il ny avoit eu gueres que
la moitié des terres rensemencées en blé, et dans le commencement de la
moisson lors que les segles commencoient a etre serres, il fit une foudre et des
vents si furieux pendant deux demi journées differentes, deux jours entre deux,
que plus de la moité des grains furent perdus dans les champs ou ils etoient
a moissonner, et surtout le froment et le bon meteil, et pour plus grand
malheur c'est que ces vents furent uviversels partout le Royaume, il ne
demeura non plus presque point de fruits sur les arbres qui etoient echappés de
l'hivert precedent, et qui en etoient passablement charges, de sorte que ce n'etoit pas
sans sujet qu'on croignoit ; d'ailleurs les vignes auvoient gelé plusieurs fois, en sorte
qu'il ny etoit rien resté, et cela fut encore universel, on fit encore moins de
vin que l'année precedente, et il n'etoit pas bon, il fut toujours cher, vieil ou
nouveau, son prix etoit odinairement 100# le poinçon, 40 ou 50 etoit la
m(oyenne ?); On remarque que les 2 ou 3 premiers jours de juillet il gela blanc
comme il fait au Printems, lorsque les vignes sont gelées.
Il y eut cette année beaucoup de fievres putrides et malignes, du pourpre,
des rougeolles, fauttes plurelier, et autres maladies qu'on disoit etre
contagieuses et dont les plus jeunes, les plus forts, et même les plus commodes
mourroient, ce qui fut aussi universel, il y avoit dans le sang de toutes
les pers(onnes) qu'on seignoit de la mauvaise qualites que les Medecins les plus
habiles sembloient ny rien connoitre, ce qui oblidea le Roy d'envoyer en
quelques endroits des Medecins habiles, co(mme) a Montargis et ailleurs : il est
vray que cette paroisse ne fut pas si violemment attaquée que beaucoup
d'autres, mais il y a eu beaucoup d'endroits ou le quart et même le tiers
des habitans etoient morts cette année. Je laisse les autres remarques
touchant les affaires d'etat qu'on pourra voir ailleurs.
Juin.

Hiver rigoureux

Hiver rigoureux

Année 1709 Vincelles, Yonne, France

L'on ne sera peut-être pas fâché de savoir que cette presente année l'hiver fut si terrible que les bleds furent gelés universellement partout, c'est ce qui sera incroyable a la postérité et cependant il n'y a rien de plus vrai. Je vin moy même plus de deux cent lieux de païs et fut temoin oculaire que dans la flandre la picardie dans la Champagne et dans la Bourgogne, c'étoit la même misere que l'on déploroit, mais comme il y avoit encore du vieux bled, le pain ne fut encore vendu que 5 et 6 sols la livre.
L'on voira ce...

L'on ne sera peut-être pas fâché de savoir que cette presente année l'hiver fut si terrible que les bleds furent gelés universellement partout, c'est ce qui sera incroyable a la postérité et cependant il n'y a rien de plus vrai. Je vin moy même plus de deux cent lieux de païs et fut temoin oculaire que dans la flandre la picardie dans la Champagne et dans la Bourgogne, c'étoit la même misere que l'on déploroit, mais comme il y avoit encore du vieux bled, le pain ne fut encore vendu que 5 et 6 sols la livre.
L'on voira ce qui arrivera de triste dans l'autre année suivante.
Le Roi Louis XIIII fit faire des recherche par tout les greniers et il y avoit ordre que de laisser bien juste ce qu'il faloit pour chaque maison.
Les grandes maisons à Paris, et à leur imitation dans les villes de province, les premiers de chaque lieux fesoient faire un feu commun dans le melieu des rues. La rigueur du froid du mois de janvier fut si grande, que l'on ne pouvoit mettre le née à l'air sans etre saisi ; il se trouva une infinité de personne morte par les champs, moy-même je ne sçay par quel miracle de la providence j'en ay réchapé. Malgré la force des habits, la bonté de mon cheval, cependant il m'étoit impossible de faire plus de 3 lieux que je fesois plus de moitié à pied et en bottes ; mais aussi cette fatigue la m'a fort diminué n'ayant pas eu une santé meme passable depuis ce temps.

Année 1709 à Chanteloup

Année 1709 à Chanteloup

Année 1709 Chanteloup, Deux-Sèvres, France

Il y eu dans cette année 1709 quatre choses tres remarquable. Le grand froid, la disette de grain par consequent la famine bien grande, plusieurs et grands impots et une très grande guerre.
et le pis de tout disette de vin

BRUNET curé de Chanteloup

Cette année a été un temps de consternation...

Cette année a été un temps de consternation...

Année 1709 Saulges, Mayenne, France

Cette année a été un temps de consternation publique par le froid extrême arrivé au mois de Jan(vi)er, les bleds et les arbres qui ont été les victimes du froid ont réduit la plupart des peuples à une grande disette le reste de l'année et tans que Dieu a fait ressentir sa miséricorde par la fécondité des menus grains, on auroit vû quantité de personnes mourir de faim, également à la campagne comme dans les villes où plusieurs n'ont pû s'en garantir.
C'ete parr(oi)se a eu l'avantage et la gloire que plusieurs pauvres y ont trouvé une ...

Cette année a été un temps de consternation publique par le froid extrême arrivé au mois de Jan(vi)er, les bleds et les arbres qui ont été les victimes du froid ont réduit la plupart des peuples à une grande disette le reste de l'année et tans que Dieu a fait ressentir sa miséricorde par la fécondité des menus grains, on auroit vû quantité de personnes mourir de faim, également à la campagne comme dans les villes où plusieurs n'ont pû s'en garantir.
C'ete parr(oi)se a eu l'avantage et la gloire que plusieurs pauvres y ont trouvé une heureuse resource à leur pressante nécessité.

Le froid en 1709/1710

Le froid en 1709/1710

Année 1709 Mont-Saint-Jean, Sarthe, France

Fin 1709 le grand hivert commença a la feste des
Rois, le froid fut si grand que presque tous les
noiers et chastaigners moururent ici et plusieurs
autres arbres, tous les rommarins. on ne recueillit du
bleds que dans les terres ou il nestoient pa levés
quand la gelée commença, le plus cher ne fut qua
neuf francs le boisseau
En 1710 mortalité sur bestiaux. beaucoup de blé et de
toutes sortes de grains. point de cidre ou fort peu le
vin extremement rare et cher ces deux années

Récit du curé de Loupeigne

Récit du curé de Loupeigne

Année 1709 Loupeigne, Aisne, France

Charles Daniel Trudelle, curé de Loupeigne, écrit , à la fin du registre 1709, une page complète intitulée: "nottes 1709" et commençant par : " a la mémoire et à la postérité" :
Le cinquième jour de janvier de la présente année mil soptcent neuf il plust jusques sur les dix ou onze heures du soir comme un brouillard fort épais, et le lendemain jour des Rois il avait gelé déja si fort que les boües portaient partout, cette gelée dura deux mois sans relacher et le froid fut si fort que les arbres particulierement les noyers furent tous gelez...

Charles Daniel Trudelle, curé de Loupeigne, écrit , à la fin du registre 1709, une page complète intitulée: "nottes 1709" et commençant par : " a la mémoire et à la postérité" :
Le cinquième jour de janvier de la présente année mil soptcent neuf il plust jusques sur les dix ou onze heures du soir comme un brouillard fort épais, et le lendemain jour des Rois il avait gelé déja si fort que les boües portaient partout, cette gelée dura deux mois sans relacher et le froid fut si fort que les arbres particulierement les noyers furent tous gelez et perdus, dans les forets on entendait les chesnes sentrouvrir,et se fendre,presque tous les pruniers poiriers furent gelez,mais ce qui fit la plus grande désolation, ce fut les bleds qui furent tous gelez sans en avoir recueilli un epies nulle part demandant qu'on relabourast toutes les terres empouillées en bled pour y semer de l' orges qui acause de cela valust au mois d'avril
(suite du scan) jusqu'à treize frans le pichet et a la recolte suivante elle valait encore quatre livres trois ou quatre sous........on abbatit tous les poiriers pendant l' hiver suivant cependant on ne fit point de remise aux fermiers mais ils paierent suivant un arret du parlement........etc

A la mémoire et à la pérennité

A la mémoire et à la pérennité

Année 1709 Loupeigne, Aisne, France

Le cinquieme jour de janvier de la presente année mil sept cent neuf, il fut jusques sur les dix ou onze heures du soir comme un brouillart fort epais et le lendemain jour des roix il avoit gelée deja si fort que les boües portoient partout, cette gelé dura deux mois sans relache et le froid fust si fort que les arbres particulièrement les noyers furent tous gelez et perdus, dans les forest on entendoit les chesnes sentrouvrir, et se fendre, presque tous les pruniers poiriers furent gelez mais ce qui fit la plus grande desolation, ce...

Le cinquieme jour de janvier de la presente année mil sept cent neuf, il fut jusques sur les dix ou onze heures du soir comme un brouillart fort epais et le lendemain jour des roix il avoit gelée deja si fort que les boües portoient partout, cette gelé dura deux mois sans relache et le froid fust si fort que les arbres particulièrement les noyers furent tous gelez et perdus, dans les forest on entendoit les chesnes sentrouvrir, et se fendre, presque tous les pruniers poiriers furent gelez mais ce qui fit la plus grande desolation, ce fust les bles qui furent tous gelez sans en avoir receuilli un epis nulle part de maniere qu'on relabourust toutes les terres empouillees en bled pour y semer de lorge qui a cause de cela valust au mois d'avril jusque a treize francs la pichet et a la recolte suivante elle valoit encore quatre livres trois ou quatre sols et enfin cette annee fut si abondante en orge qu'au mois de may suivant elle ne valoit plus que trente cinq sols le pichet, de maniere qu'on nesperoit pas trouver de bled vieux pour semer, les nouvaux etant gelez et neantmoins il etoit a meilleur compte un an apres la gelé qu'apres avoit fait la couverine avoir passe l'année entierre le bled qui avoit valu dix francs le pichet pour semer ne valoit avant la moisson ne valoit plus qu'un ecu dix sous et quatre francs, on abbattis tous les noiers pendant l'hiver suivant, cependant on ne fit point de remise, au fermiers mais ils paierent suivant un arret du parlement les froments fut du pied de 120#, le meicit cent francs et avoine 42#le nuid aux propriétaires.

L'hiver 1709 à Saint-Victor-sur-Rhins

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L'hiver 1709 à Saint-Victor-sur-Rhins

Année 1709 Saint-Victor-sur-Rhins, Loire, France

L'annee mille sept cent neuf a este si sterile, et toute la nourriture si rare que dans plusieurs dioceses, l'on a accordé la permission de manger de viande.
Et dans ce dioceze de macon monsgr l'evesque reverendissime evesque de macon a donné permission de faire gras pendant le caresme sans dispenser du jeûne commandé par l'eglise scavoir le dimanche pendant tout le jour le mardy au diner seulem(en)t, et le jeudy aussy au diner, faisant abstinence le reste du jour et de la semaine, et jusqu'au dimanche de la passion seulement, dans le dioceze de lyon, jusqu'au dimanche des rameaux...

L'annee mille sept cent neuf a este si sterile, et toute la nourriture si rare que dans plusieurs dioceses, l'on a accordé la permission de manger de viande.
Et dans ce dioceze de macon monsgr l'evesque reverendissime evesque de macon a donné permission de faire gras pendant le caresme sans dispenser du jeûne commandé par l'eglise scavoir le dimanche pendant tout le jour le mardy au diner seulem(en)t, et le jeudy aussy au diner, faisant abstinence le reste du jour et de la semaine, et jusqu'au dimanche de la passion seulement, dans le dioceze de lyon, jusqu'au dimanche des rameaux exclusivement et tous les jours entiers de la semaine excepté le mercredy, vendredy et samedy.
Quoyque la rigeur des saisons aye continuer l'année mille septe cent dix, ont a pas connue la même permission.
Il meurt une si grande quantité de peuple qu'il y a plus de vingt maisons a St victor abandonees. et le roy a ordonner que les maisons des domaine payeroient la taille du grangier ou fermier.
La même année depuis le mardy appres la ste messe jour de l'assemblé de notre confrerie du St Esprit (?) au Bourg de thizy, jusqu'au mardy d'appres la ? de l'année 1710 il est decede trente confreres dont il y en a six des cures voisins, scavoir ?
.../...
Les grains ont esté si rare et si chers en l'année mille sept cent neuf que le peuple a esté obligé de faire du pain de plusieurs façons :
1° du pain de froment fort rare et qui s'est vendu jusqu'a six sols la livre et quinze livre le bichet mesure de Thizy.
2° pain de bled quatre sols la livre quatorze livres le bichet
3° du pain d'orges jusqu'a trois sols la livre et huit livres le bichet
4° pain d'avoine deux sols la livre et vingt sols la mesure et meme trois livres le ras
5° du pain de legume feve etc
6° du pain de fougere qui s'est vendu jusqu'au prix de deux sols la livre
7° du pain de gland de chene un sol et cinq livres
8° pain de bled sarasin trois et quatre sols la livre et jusqu'a dix livres la mesure
9° du pain de monchery ??
10 du pain d'ecorce de pin
11° du pain de courge avec de la fougere enfin la misere a este si gande et c'est encore qu'il en meurt beaucoup dans cette paroisse de pauvres passants.

Hiver 1709

Hiver 1709

Année 1709 La Quinte, Sarthe, France

Etonnez vous mortels du froid tres apre quon a ressenty lhyver de l’année 1709, qui a fait perir les noiers maronniers chesnes houx, chataigniers. pour la plupart n’etant resté icy, que les jeunes arbres.

Adure sacro desuper
nos igne sancte spiritus,
absolbe peccato reos.
pacemque de petentions.

Grand froid

Grand froid

Année 1709 Lury-sur-Arnon, Cher, France

Hiver froid et rude

Hiver froid et rude

Année 1709 Troussey, Meuse, France

La postérité saura qu'en la même année mil sept cent neuf il y aut un hiver si froid, et si rude, une gelée si considérable et si forte un verglas si terrible, qu'une grande quantité d'arbre moururent, presque toutes les racines des jardins furent perdues ; une infinité de poissons furent détruits. en provence les maroniers, les citroniers furent abaus ; et ce qui fut bien plus considérable les grains manqueront entièrement presque par tout en sorte qu'au printemps la terre paraissait aussi stérile et aussi aride qu'au milieu de l'hiver. on ne receuillit presque point de froment ny de...

La postérité saura qu'en la même année mil sept cent neuf il y aut un hiver si froid, et si rude, une gelée si considérable et si forte un verglas si terrible, qu'une grande quantité d'arbre moururent, presque toutes les racines des jardins furent perdues ; une infinité de poissons furent détruits. en provence les maroniers, les citroniers furent abaus ; et ce qui fut bien plus considérable les grains manqueront entièrement presque par tout en sorte qu'au printemps la terre paraissait aussi stérile et aussi aride qu'au milieu de l'hiver. on ne receuillit presque point de froment ny de seigle pour ensemencer la terre pour l'année suivante. On fut obligé de semer en orges les terres qui avaient été ensemencées en bled. La providence divine fut si grande que non seulement il y eut une grande abondance d'orge may que l'orge même se trouvait avoir un gout merveilleux et presque pareil à celuy du bled. Si bien que l'orge qui est la nouriture ordinaire des pauvres devient celle de la plupart des riches mêmes et des communautés religieuses.
p. B. F. De La Rivière prêtre et curé de Troussey.

Récit de l'hiver 1709

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Récit de l'hiver 1709

Année 1709 Seyne, Alpes-de-Haute-Provence, France

Quoique la provance soit située dans un climat fort
temperé que a la plus part la neige ni paroit presque
jamais meme pendant les rigeurs de lhyver neant moins
lhyver de cette année mille sept cent neuf a eté tres
rude et si froid que les arbres de la basse provance ont presque
tous peri, les pieds des noyers ont fandu par la rigeur des
froids au mois de janvier, les oliviers sont presques tous
morts depuy toulon juques au Rhone, qui a glace juques
a vingt deux pieds de profondeur et il n'y a eu n'y riviere
n'y ruisseau qui nait passé a pont de glace, le meme...

Quoique la provance soit située dans un climat fort
temperé que a la plus part la neige ni paroit presque
jamais meme pendant les rigeurs de lhyver neant moins
lhyver de cette année mille sept cent neuf a eté tres
rude et si froid que les arbres de la basse provance ont presque
tous peri, les pieds des noyers ont fandu par la rigeur des
froids au mois de janvier, les oliviers sont presques tous
morts depuy toulon juques au Rhone, qui a glace juques
a vingt deux pieds de profondeur et il n'y a eu n'y riviere
n'y ruisseau qui nait passé a pont de glace, le meme froid
a fait perir pendant cet hyver presque tout le menu betail
et meme beaucoup du gros, on à meme trouvé plusieurs
personnes en divers endroits mortes chez eux sans autre
maladie que le froid. qui a fait perir dans la basse provence
toutes les semences ; particulièrement aux endroits ou il n'y
.../...
avoit pas de neige, arles qui est un des gros greniers
de bled de toute la provance, n'a pas receuilli pour semer
cette année, Il n'y a eu de recolte que dans la haute
provance qui s'etant trouvée couverte de neige ces bleds n'y
ont pas peri, le meme froid a fait perir partie des vignes
et une gelée arrivée sur la fin du may a fait que celles
qui n'etoint pas mortes n'ont presque rien produit, touts les
hommes ? n'avoit jamais vu n'y entendu parler
d'un froid si rude et si cuisant, on a raporté que du coté
de toulon il y avoit des oliviers qui portoint depuis plus
de huit cents ans, qui on teri de ce froid, qui a été
universel presque non seulement dans le royaume de france
mais meme presque dans toute l'Europe, en maniere que
la disete causée par le deffaut de recolte a eté generalle
dans cette partie du monde, le bled dans cette année
1709 : s'est vendu au un prix excessif a avignon juques
a deux cents livres le charge, a arles soixante et dix
livres, ainsi presque par tout le reste de la provaince
a juque sept vendu juques a 66 # la charge qui est de ?
l'avoine a valu 1 # 5 s. le panal, le vin a la recolte
de 1709 : s'est vendu jques à 4 # 15 s. la coupe qui est de seize
pots de trois livres pin, Et generalement toutes les autres
danrées ont rencheri de meme, Car dans la meme année
j'ay achepte l'huile au comancemt de l'a(nné)e a 3 s 6 d la livre
et au mois de juin, je l'ay achepté à huit sols la livre
Le froid ou la misere et la faim ont cause une grande
mortalite cette année en plusieurs endroits, Dieu nous preserve
tous et soustienne a faire garde car cette misere nous
.../...
menace si ce semble de bien pres ; car aujourdhuy 26 jan(vi)er 1710
jour de Dimanche que j'ecris cecy pour memoire a la posterité la
misere paroit aussi grande que l'année derniere, et je puis assurer avoir
vue a St pons depuis environ six mois des pauvres de toutes les
provinces du Royaume qui crient leur misere et pauvreté, et disent
que dans la plus part de leurs provinces on n'a pas seme à demy
nonobstant toutes les precautions que le Roy a pris pour leur procurer
le moieux de semences ces tems, le bled se vend encore aujourdhuy
douze ecus la charge içy, et tous les autres grains a proportion, et autres
danrées aussi, cette misere, rareté des ? cherté de danrées fait
qu'on entend tous les jours des vols des meurtres d'assassins des fraudes
des banqueroutes et autres malheurs, qui prenent leur origine
de la, Je scay que cecy paroitra une espece roman ou un
reci fait a plaisir dans la suite des sciecles a venir ; mais la chose
est p(our)tant comme je la raconte et il en est icy assurement plus
que je n'en dit, car des personnes de quatre vingt ans de memoire
assurent n'avoir jamais vus pendent leur regne, n'y entendu parler
de tant de misere, n'y si generalement repandue dans le royaume
Dieu par grace preserve ses peuples de telles extremites, car on a vu
en plusieurs endroits et provinces les hommes et femmes brouter
au printems dernier l'herbe aux pres comme faisoit le Roy
nabucodonosor, escrit à st. Pons de Seyne le vingt six janvier
jour de troisieme Dimanche apres l'Epiphanie
le soir a la veillée par nous claude martin curé didt. St pons
cy sou(ssign)é
etant Archeveque d'Ambrun messire charles brulard de Genlis
et gouverneur ? mr. le
Chevalier de montauban ?
apres la mort de mr. Louis Depontés decedé le 2e ja(nvi)er 1709 homme
regretté de toute la province par les belles qualités qu'il possedoit

L'hiver 1709 à Vouillé-les-Marais

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L'hiver 1709 à Vouillé-les-Marais

Année 1709 Vouillé-les-Marais, Vendée, France

Homme vivant de quelque age qu'il soit de cent ans et au dessus a ce qu'ils disent comme il y en a dans la paroisse n'ont poin veû de froit si
aigu que celuy qui a fait cette présente année.
La rivière glacée a porter les chevaux chargés, les bleds semés gellés, les vignes, les nohiers, et plusieurs autres espèces d'arbre gellés comme s'ils avoient passez au feu, les bords de la mer glaces qui ont fait périr les moucles et une infinité d'autres accidents arrives par le froit et en quinzes jours, le vin glacé dans les bariques d'une epesseur...

Homme vivant de quelque age qu'il soit de cent ans et au dessus a ce qu'ils disent comme il y en a dans la paroisse n'ont poin veû de froit si
aigu que celuy qui a fait cette présente année.
La rivière glacée a porter les chevaux chargés, les bleds semés gellés, les vignes, les nohiers, et plusieurs autres espèces d'arbre gellés comme s'ils avoient passez au feu, les bords de la mer glaces qui ont fait périr les moucles et une infinité d'autres accidents arrives par le froit et en quinzes jours, le vin glacé dans les bariques d'une epesseur prodigieuse grand froid et grandes neiges, les chevaux passent la rivière au gué sur la glace.

Froid et gelées en 1709

Froid et gelées en 1709

Année 1709 Dennevy, Saône-et-Loire, France

La présente année 1709, le froid et les gelées commencèrent le sixieme de janvier, jour des rois, et durèrent jusqu'au 25e du meme mois avec tant de rigueur et de force que tous les blés furent perdus dans la terre, une grande partie des arbres en moururent et surtout les noyers et plus de la moitié des vignes. Il n'y eut point de moisson cette année, que de tremis, la disette et la famine furent extremes et jamais on ne vit la pareille misère; presque tous les gens des campagnes furent obligés de se nourrir et de vivre depuis le...

La présente année 1709, le froid et les gelées commencèrent le sixieme de janvier, jour des rois, et durèrent jusqu'au 25e du meme mois avec tant de rigueur et de force que tous les blés furent perdus dans la terre, une grande partie des arbres en moururent et surtout les noyers et plus de la moitié des vignes. Il n'y eut point de moisson cette année, que de tremis, la disette et la famine furent extremes et jamais on ne vit la pareille misère; presque tous les gens des campagnes furent obligés de se nourrir et de vivre depuis le mois de mars jusqu'au mois d'aoust que commença la moisson des tremis, d'herbes seulement comme chardons, ravenées, pissenlis; enfin tous les biens de la terre manquèrent presque généralement cette année, car il n'y eut ny froment, ny ……, ny seigle; Il ne vint presque pas de foin dans les prés et on ne fit quasi pas de vin. Le misère fut si grande et la disette si extreme en la ditte année que le blé valut dix francs la mesure, l'orge sept, l'avoine quatre et le vin cent livre la queüe.